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L’ancien président français Sarkozy va en prison pour association illicite

by Clara Dubois

Publié le 21 octobre 2025 à 10h19. Nicolas Sarkozy est devenu le premier ancien président français à être incarcéré depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, après avoir été condamné pour financement illégal de sa campagne électorale de 2007 par des fonds libyens.

  • L’ancien chef de l’État a été incarcéré à la prison de la Santé à Paris pour purger une peine de cinq ans.
  • Il clame son innocence et dénonce un “scandale judiciaire” et un “via crucis”.
  • Sa condamnation suscite une vive polémique et des questions sur l’indépendance de la justice.

Nicolas Sarkozy a fait son entrée à la prison de la Santé ce mardi matin, devenant ainsi le premier ancien président de la République à être emprisonné depuis Philippe Pétain, condamné pour collaboration avec l’Allemagne nazie à la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’ancien chef de l’État, âgé de 69 ans, a été condamné en septembre pour association illicite en lien avec le financement de sa campagne présidentielle de 2007.

Arrivé peu avant 10h00 (08h00 GMT) à la prison parisienne, M. Sarkozy a été accueilli par des manifestants, certains scandant son nom, d’autres dénonçant un “procès politique”. François, un manifestant de 66 ans, a même affirmé :

« Nous sommes en Union Soviétique ! »

François, manifestant

. Deux drapeaux français flottaient à proximité des grilles de la prison.

Quelques minutes avant son incarcération, l’ancien président s’était exprimé sur le réseau social X, dénonçant un “scandale judiciaire” et un “via crucis”, tout en affirmant sa conviction que “la vérité triomphera”. Il a également souligné que “le prix à payer aura été écrasant”.

La condamnation de Nicolas Sarkozy a été prononcée pour avoir facilité des contacts entre ses associés et le régime de Mouammar Kadhafi, décédé en 2011, afin d’obtenir des fonds destinés à financer illégalement sa campagne de 2007. Bien que l’utilisation effective de ces fonds n’ait pas été prouvée, le tribunal a mis en avant le fait que l’argent provenait de Libye et a souligné la “gravité exceptionnelle des faits”.

Pour éviter tout contact avec d’autres détenus et prévenir la diffusion d’images, Nicolas Sarkozy devrait être placé en zone d’isolement, dans l’une des 15 cellules de neuf mètres carrés de la prison de la Santé, selon des sources pénitentiaires. À son arrivée, des détenus ont crié des messages de soutien : “Oh, bienvenue Sarkozy !”, “Sarkozy est là !”.

L’ancien président a annoncé qu’il entrait en prison “la tête haute”, emportant avec lui une biographie de Jésus et le roman d’Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, symbole de l’innocent condamné injustement.

Ses avocats ont déjà déposé une demande de libération conditionnelle, une possibilité offerte par la législation pour les prisonniers incarcérés depuis au moins deux mois. La justice dispose de deux mois pour se prononcer.

Cet événement sans précédent pour la Ve République a suscité de vives réactions politiques. Le parquet a ouvert une enquête suite à des menaces proférées sur les réseaux sociaux à l’encontre du juge en charge de l’affaire. Le président Emmanuel Macron a défendu l’indépendance de la justice après avoir reçu Nicolas Sarkozy à l’Élysée vendredi dernier, estimant qu’il était “normal” de recevoir un ancien chef de l’État dans ce contexte.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé son intention de rendre visite à son “mentor politique” en prison, une démarche qui a été critiquée par le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, qui a mis en garde contre un possible “atteinte à l’indépendance des juges”.

Nicolas Sarkozy n’est pas à sa première condamnation. Il avait déjà été placé sous bracelet électronique plus tôt cette année et fait l’objet de deux autres enquêtes pour corruption, trafic d’influence et financement illégal de campagnes électorales en 2012. D’autres affaires sont également en cours.

Un récent sondage révèle que six Français sur dix considèrent son incarcération comme “juste”, mais ses critiques sur la prétendue politisation de la justice lui ont valu le soutien de certains secteurs de la droite et de l’extrême droite.

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