Publié le 5 janvier 2026 à 09h02. L’année 2025 marque un tournant dans la dynamique des marchés financiers mondiaux, avec une performance des économies autres que les États-Unis qui remet en question la domination américaine et ouvre la voie à un monde multipolaire.
- En 2025, la plupart des grandes économies mondiales ont surpassé les États-Unis en termes de performance boursière.
- Ce changement s’explique par des facteurs fondamentaux tels que la croissance des bénéfices, le retour des dividendes et une réévaluation des multiples.
- 2026 ne sera pas une année de confrontation avec les États-Unis, mais une année où son leadership ne sera plus exclusif.
Après des années de concentration sur le marché américain, symbolisées par le S&P 500 et le Nasdaq, une rupture s’est amorcée. Le graphique qui illustre cette tendance ne doit pas être interprété comme un simple constat de la faiblesse américaine et de la force du reste du monde. L’interprétation la plus pertinente est que 2025 a été l’année où les marchés mondiaux ont recommencé à croire en la diversité, en la différence de trajectoires économiques, de politiques industrielles et de profils de risque.
Cette évolution ne relève pas du hasard ou d’une bulle spéculative passagère. Elle est le fruit d’une combinaison de facteurs concrets : une amélioration des bénéfices des entreprises, un regain d’attractivité des dividendes, une réévaluation des valorisations boursières et un effet de change favorable. En d’autres termes, les fondamentaux économiques reprennent le dessus.
L’idée que la croissance ne peut provenir que de l’innovation concentrée dans quelques entreprises américaines surévaluées est en train de s’estomper. Nous entrons dans une phase où les économies réelles, les secteurs traditionnels en restructuration et les marchés longtemps négligés retrouvent de l’importance. C’est également le retour de la sélectivité : après des années d’investissement passif et aveugle, les investisseurs se concentrent à nouveau sur les bilans, les marges, l’endettement et les politiques industrielles des différents pays. Il ne suffit plus d’être présent sur les marchés, il faut choisir où et comment investir.
Ce changement est silencieux mais profond. Le capital pose à nouveau des questions et ne se contente plus de suivre aveuglément les tendances. L’image globale porte un message fort pour l’année à venir : 2026 ne sera pas une année “contre” l’Amérique, mais une année “au-delà” de l’Amérique. Le leadership américain ne disparaît pas, mais il cesse d’être le seul point de référence. Investir signifie désormais choisir, et non plus simplement répliquer un indice. L’Europe a la possibilité de croître en se différenciant, et l’Asie représente non seulement un risque géopolitique, mais aussi une opportunité de reprise industrielle et financière.
Au-delà des aspects financiers, ce graphique témoigne d’un changement politique plus large. Il marque la fin d’un monde confortable où la santé de Wall Street suffisait à garantir le bien-être général. Et le début d’un monde plus complexe, mais aussi plus équilibré, où les responsabilités sont partagées. Pour l’Europe, et en particulier pour l’Italie, cela représente un défi majeur : nous ne pouvons plus nous abriter derrière la protection américaine. Si le monde redevient multipolaire, y compris au niveau des marchés financiers, il le deviendra également en termes de jugement. 2025 nous a rappelé que la mondialisation n’est pas terminée, mais qu’elle a évolué. 2026 nous demandera de déterminer si nous sommes prêts à y participer non pas en tant que suiveurs, mais en tant qu’acteurs de premier plan.
Même sans avoir le graphique sous les yeux, le message est clair : l’heure est à la prise de responsabilité et à l’affirmation de nos propres choix.
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