L’administration Trump a dévoilé un plan visant à réduire le coût de certains médicaments utilisés dans les traitements de procréation médicalement assistée (PMA), notamment la fécondation in vitro (FIV), tout en clarifiant les options pour les employeurs souhaitant proposer des avantages liés à la fertilité. Cette initiative, qui fait suite à une promesse de campagne de Donald Trump, suscite à la fois espoirs et interrogations quant à son impact réel sur l’accès à ces soins coûteux.
Le cœur du dispositif repose sur la mise en place d’un site web, TrumpRx.gov, qui devrait permettre aux patients d’acquérir à prix réduit certains médicaments essentiels à la FIV – Gonal-F, Ovidrel et Cetrotide – directement auprès des fabricants. Cette réduction de prix est rendue possible grâce à un accord avec EMD Serono, qui s’engage à aligner ses tarifs sur ceux pratiqués dans d’autres pays développés (Nation la plus favorisée ou NPF). L’administration estime que les femmes pourraient ainsi économiser jusqu’à 2 200 dollars (environ 2 000 euros) par cycle de traitement médicamenteux, ces médicaments coûtant souvent plus de 5 000 dollars (environ 4 600 euros).
Parallèlement, l’administration Trump cherche à faciliter l’offre de prestations de fertilité par les employeurs. Une clarification a été apportée concernant les options disponibles, notamment la possibilité de proposer des régimes d’avantages autonomes, sans enfreindre les réglementations en vigueur (HIPAA et ACA). Les employeurs pourraient ainsi choisir d’offrir des prestations spécifiques liées à la fertilité, soit en complément de leur assurance santé, soit de manière indépendante, via des comptes de remboursement santé (HRA) ou des prestations limitées.
Cependant, l’impact de ces mesures pourrait être limité. La réduction de prix ne concerne qu’une partie des médicaments utilisés lors d’un cycle de FIV, et le site TrumpRx.gov ne sera pleinement opérationnel qu’en 2026. De plus, l’accès à ces réductions ne profitera qu’aux personnes capables de financer le reste des coûts liés à la FIV, qui peuvent atteindre en moyenne 15 000 à 20 000 dollars (environ 14 000 à 18 000 euros) par cycle.
Selon une enquête récente de KFF, une femme sur huit (13 %) âgée de 18 à 49 ans a déclaré avoir eu besoin de services d’aide à la fertilité à un moment donné. Parmi celles qui en ont eu besoin, 12 % n’ont pas pu y accéder, le coût étant la principale barrière. Malgré une augmentation de la couverture d’assurance privée pour la FIV au cours de la dernière décennie, notamment grâce aux lois adoptées par certains États, de nombreuses femmes, en particulier celles bénéficiant de Medicaid (l’assurance maladie pour les personnes à faibles revenus), restent confrontées à des difficultés d’accès.
L’annonce de l’administration Trump intervient dans un contexte politique particulier, marqué par une décision récente de la Cour suprême de l’Alabama qui a classé les embryons créés par FIV comme des « enfants à naître », soulevant des questions sur les implications potentielles des lois sur la personnalité fœtale. Par ailleurs, l’administration a récemment réduit les effectifs de la Division de la santé reproductive des Centers for Disease Control (CDC), y compris l’équipe chargée de la surveillance des technologies de procréation assistée.
Pour une expansion significative de l’accès aux soins de fertilité, une action du Congrès serait nécessaire, que ce soit par l’adoption d’une loi imposant ou subventionnant la couverture de la FIV, ou par la mise en place de nouvelles incitations fiscales pour les employeurs. Des projets de loi en ce sens ont déjà été présentés, mais n’ont pas encore abouti.
