Publié le 12 octobre 2025 05:08:00. Le gouvernement irlandais a manqué l’occasion de simplifier la fiscalité des fonds négociés en bourse (ETF), malgré des recommandations en ce sens. Cette règle, jugée complexe et pénalisante pour les investisseurs, continue de faire débat.
- Les investisseurs en ETF sont soumis à une taxe de sortie de 41 % (bientôt 38 %) tous les huit ans, même sans vente réelle d’actifs.
- Un rapport de 2024 recommandait l’abolition de cette règle et une réduction du taux à 33 %.
- Le ministre d’État chargé des Services financiers reconnaît l’anomalie, mais se concentre sur la baisse des taux.
La règle de cession présumée des ETF, introduite en 2006, continue d’irriter les investisseurs irlandais. Le budget de cette semaine a confirmé que le gouvernement ne modifierait pas cette disposition fiscale, malgré les appels à une réforme. Cette règle impose aux détenteurs d’ETF de payer une taxe sur des gains potentiels qui n’ont pas encore été réalisés, et ce, tous les huit ans.
Concrètement, cela signifie qu’un investisseur détenant un ETF mondial à faible risque se verra imposer une taxe de 41 % (qui diminuera à 38 %) sur des bénéfices théoriques, alors qu’un investisseur spéculant sur une action individuelle ne paiera d’impôts que lors de la vente de cette action, et à un taux de 33 %. De plus, il n’est pas possible de compenser les pertes éventuelles avec cette taxe.
Cette situation est perçue comme une injustice par de nombreux observateurs, qui estiment que la règle pénalise la diversification et encourage la prudence financière. Elle complexifie également la gestion de patrimoine, obligeant les investisseurs à effectuer des calculs complexes pour anticiper leur imposition.
« Il est vraiment important que les investisseurs irlandais investissent dans les ETF. »
Robert Troy, Ministre d’État chargé des Services financiers
Robert Troy reconnaît que la cession présumée est une « anomalie », mais met en avant la baisse des taux d’imposition comme un signe positif. Cependant, les critiques soulignent que le véritable obstacle n’est pas le taux lui-même, mais la complexité et l’injustice de la règle. De nombreux épargnants pourraient être dissuadés d’investir dans les ETF en raison de ces contraintes administratives.
Le gouvernement assure qu’une réforme sera envisagée « à terme », mais pour l’instant, l’anomalie persiste. Cette politique, paradoxalement, risque de décourager le comportement même qu’elle devrait encourager : l’investissement à long terme et la diversification des portefeuilles.
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