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L’Argentine à la mode : la demande des investisseurs pour des placements en dollars de la part des entreprises et des provinces augmente très fortement

Publié le 2025-11-19 03:13:00. L'Argentine connaît un regain d'intérêt de la part des investisseurs internationaux, dopé par les récentes élections et des taux d'intérêt attractifs, ce qui se traduit par un afflux de capitaux et une réduction du…

L’Argentine à la mode : la demande des investisseurs pour des placements en dollars de la part des entreprises et des provinces augmente très fortement

Publié le 2025-11-19 03:13:00. L’Argentine connaît un regain d’intérêt de la part des investisseurs internationaux, dopé par les récentes élections et des taux d’intérêt attractifs, ce qui se traduit par un afflux de capitaux et une réduction du coût du financement pour les entreprises et les provinces.

  • Les entreprises et les provinces argentines ont déjà levé plus de 3,5 milliards de dollars (environ 3,2 milliards d’euros) en moins d’un mois grâce à des émissions de dette.
  • Les investisseurs montrent un fort intérêt pour les instruments financiers locaux, notamment les obligations, après la victoire du gouvernement aux élections de mi-mandat.
  • Les entreprises argentines peuvent désormais obtenir des financements internationaux à des taux proches de 8 % par an, avec des échéances allant jusqu’à 12 ans.

L’appétit des investisseurs pour les actifs argentins ne cesse de croître depuis les élections législatives. La récente émission de « Bonus Tango » par le gouvernement de la ville de Buenos Aires a suscité une demande record de 1,7 milliard de dollars (environ 1,56 milliard d’euros), bien que seuls 600 millions de dollars (environ 552 millions d’euros) aient finalement été placés. Cette sursouscription témoigne d’un phénomène généralisé observé ces dernières semaines.

La hausse des actions et des obligations après le scrutin a clairement indiqué une volonté de se positionner sur le marché argentin. Cet engouement se traduit désormais par des effets concrets sur l’économie. Les entreprises qui ont accès au financement international bénéficient de taux d’intérêt plus favorables et de durées de remboursement plus longues, comme l’illustre le récent financement de Pampa Energía.

Les émissions de dette du secteur privé et de la ville de Buenos Aires atteignent déjà plus de 3,5 milliards de dollars (environ 3,2 milliards d’euros) en moins d’un mois. Avec plusieurs entreprises prévoyant de lever des fonds et certaines provinces s’y préparant également, ce chiffre pourrait dépasser les 5 milliards de dollars (environ 4,6 milliards d’euros) dans les prochaines semaines.

Plusieurs facteurs expliquent cet intérêt soudain pour l’Argentine. Le premier est la dissipation du risque politique après les élections. La consolidation du gouvernement et sa plus grande présence au Congrès, ainsi que les difficultés rencontrées par l’opposition, rassurent les investisseurs. Mais il y a aussi des raisons financières.

Même avec des taux plus bas qu’auparavant, un rendement de près de 8 % par an en dollars reste très attractif pour les investisseurs, surtout dans un contexte où la Réserve fédérale américaine prévoit de baisser ses taux à court terme. De ce point de vue, le rapport risque/rendement offert par les émetteurs argentins apparaît particulièrement favorable.

Les experts évoquent également une approche dite « technique », liée à la proportion d’actifs argentins dans les portefeuilles des investisseurs. Cette proportion était jusqu’à récemment très faible, ce qui laisse un large espace pour augmenter les investissements en obligations et en actions argentines.

Cette forte demande non satisfaite encourage le gouvernement à être optimiste quant à sa capacité à retrouver l’accès aux marchés financiers internationaux. L’écart entre les rendements des obligations d’entreprises et des titres d’État reste significatif, mais il tend à se réduire, ce qui pourrait avoir un impact positif sur les prix des obligations, notamment les plus longues, comme le GD35.

Le président Javier Milei a d’ailleurs déclaré que son objectif à court terme n’est pas d’acheter des dollars pour accumuler des réserves, mais de rétablir l’accès aux marchés pour honorer les engagements du pays.

Cependant, plusieurs échéances à venir exerceront une pression importante sur les réserves de la banque centrale. Plus de 1 milliard de dollars (environ 920 millions d’euros) doivent être versés au Fonds monétaire international à la fin du mois, et 4,3 milliards de dollars (environ 3,96 milliards d’euros) supplémentaires seront dus en janvier aux détenteurs d’obligations du secteur privé. Il reste à déterminer si ces paiements seront effectués à partir des réserves, par le biais d’un prêt syndiqué des banques, par des placements sur le marché international, ou grâce au programme de rachat d’obligations annoncé par le ministre de l’Économie, Luis « Toto » Caputo.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.