Home AffairesLe boom de l’exploitation aurifère est-il terminé ?

Le boom de l’exploitation aurifère est-il terminé ?

by Amélie Bernard

Les résultats du géant aurifère Newmont Corporation (NEM) pour le troisième trimestre 2025, publiés après la clôture des marchés le jeudi dernier, affichent des performances exceptionnelles, malgré des signaux persistants de prudence quant à la pérennité de la conjoncture actuelle. L’entreprise a enregistré un flux de trésorerie trimestriel record, porté par des prix de l’or et un ratio or/pétrole élevés.

Newmont a dégagé un bénéfice de 1,71 dollar américain (environ 1,58 euro) par action au cours du trimestre, ce qui se traduit par 6,84 dollars américains (environ 6,32 euros) par action annualisés. Malgré une forte progression du cours de son action cette année, le marché valorise actuellement l’entreprise à environ 12 fois ses bénéfices actuels. Les analystes anticipent une situation similaire pour la plupart des producteurs d’or de premier et second rang.

Cette combinaison de bénéfices élevés et de valorisations modestes ne doit pas masquer la possibilité d’un pic de prix à long terme, selon les experts. Ils soulignent que, dans le secteur des matières premières, les valorisations tendent à être plus attractives à la fin des cycles haussiers.

Cependant, les signaux traditionnels annonçant la fin d’un marché haussier pour l’or ne sont pas encore clairement visibles. Il est important de rappeler que, sur le long terme, les actions des sociétés minières aurifères ont historiquement sous-performé le métal précieux lui-même. Cette sous-performance s’explique en grande partie par les effets pervers de l’inflation monétaire et des politiques de taux d’intérêt, qui favorisent les investissements malavisés dans l’ensemble de l’économie, y compris dans le secteur minier.

Contrairement à d’autres secteurs, les booms dans l’extraction de l’or coïncident souvent avec des ralentissements économiques, et vice versa. Il est donc crucial de ne pas se fier uniquement à la performance des indices boursiers, comme le S&P 500, pour évaluer la santé de l’économie américaine. Ces derniers temps, l’économie américaine a connu une croissance concentrée dans quelques secteurs clés, notamment l’intelligence artificielle et les infrastructures associées, mais l’activité économique globale est plutôt en phase de ralentissement.

Les crises économiques sont généralement suivies d’une poussée de l’inflation monétaire, alimentée par les mesures prises pour contrer la récession, ce qui prépare le terrain pour le prochain cycle de croissance. Dans le secteur aurifère, cette dynamique se traduit par des acquisitions et des développements de projets mal conçus, dont les coûts sont reportés sur des périodes de ralentissement économique, entraînant une destruction de valeur à long terme.

À ce stade, les experts ne relèvent aucun signe d’investissements irrationnels généralisés dans le secteur aurifère. Newmont et d’autres grands producteurs semblent privilégier la réduction des coûts et la maximisation des flux de trésorerie plutôt que la croissance à tout prix. Cela suggère que la fin de la phase de boom n’est pas pour l’instant imminente. Néanmoins, la tendance haussière à moyen terme observée depuis la fin de l’année dernière semble s’essouffler.

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