Publié le 6 octobre 2025 à 19h53. L’université de Californie à Berkeley, régulièrement classée parmi les meilleures institutions académiques au monde, est actuellement au cœur d’une controverse liée à une enquête fédérale sur l’antisémitisme et à la divulgation de noms d’étudiants et de professeurs.
- L’université de Californie à Berkeley a été contrainte de fournir aux autorités fédérales une liste d’environ 160 étudiants et professeurs impliqués dans des allégations ou des plaintes d’antisémitisme.
- Cette divulgation, ordonnée dans le cadre d’une enquête de l’administration Trump, a suscité de vives critiques et des inquiétudes quant à la sécurité et à la liberté académique.
- Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a annoncé une revue indépendante de la gestion de cette affaire par Berkeley.
Fondée il y a 157 ans, l’université de Californie à Berkeley s’est rapidement imposée comme le fleuron du système universitaire californien. Selon le dernier classement de U.S. News & World Report, l’établissement se situe à la sixième place mondiale et est la première université publique des États-Unis. Reconnue pour son corps étudiant diversifié et motivé, Berkeley est un centre de recherche et d’enseignement de premier plan dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, la médecine, les sciences spatiales, la biologie et les études climatiques.
La situation actuelle est toutefois préoccupante. L’université fait l’objet d’une enquête de l’administration Trump, qui cible plusieurs universités de renom accusées de ne pas avoir suffisamment traité les cas d’antisémitisme sur leurs campus. De nombreux universitaires, dont des centaines de professeurs juifs à travers le système UC, dénoncent une initiative politiquement motivée visant à restreindre la liberté académique.
Dans le cadre de cette enquête, le bureau du président de l’université de Californie a récemment ordonné à Berkeley de transmettre aux autorités fédérales les noms d’environ 160 étudiants et professeurs concernés par des allégations ou des plaintes d’antisémitisme. Cette décision a provoqué des manifestations et une forte opposition interne, de nombreuses personnes concernées exprimant leur sentiment d’insécurité.
Le chancelier de Berkeley, Michael Lyons, a exprimé ses regrets quant à cette divulgation.
« Je regrette le résultat. Nous avons dû respecter la loi, et nous l’avons fait. Et puis nous avons informé, ce qui ne faisait pas partie de la loi, mais nous avons pensé que c’était la bonne chose à faire. »
Michael Lyons, chancelier de l’université de Californie à Berkeley
Il a précisé que Berkeley est la seule université du système UC à avoir informé les personnes dont les noms ont été divulgués, une démarche qu’il jugeait éthiquement nécessaire pour éviter qu’elles ne l’apprennent par d’autres moyens.
L’enquête sur l’antisémitisme a également soulevé des questions concernant la sécurité sur le campus et la liberté d’expression. M. Lyons a reconnu que certains étudiants et professeurs s’étaient sentis harcelés ou menacés lors de récentes manifestations liées à la guerre à Gaza, et a affirmé que l’université avait répondu à toutes les préoccupations signalées. De nouvelles mesures ont été mises en place, notamment l’interdiction des campements, l’obligation pour les manifestants de ne pas masquer leur identité et le renforcement de l’éducation sur l’antisémitisme.
La Maison Blanche a récemment proposé un financement conditionnel à certaines universités, à condition qu’elles acceptent des engagements spécifiques : ne pas tenir compte de la race ou du sexe dans les admissions ou les embauches, adhérer à des définitions biologiques strictes du genre et abolir les programmes considérés comme hostiles aux idées conservatrices. M. Lyons a déclaré que Berkeley n’avait pas reçu une telle offre, mais que la Proposition 209 de l’État interdit déjà de prendre en compte ces facteurs dans les admissions. Il a toutefois souligné que le langage vague du pacte proposé par la Maison Blanche pourrait être interprété comme interdisant d’autres critères actuellement pris en compte, tels que les revenus familiaux.
« Le faible revenu est corrélé à la race, par exemple. Donc, lorsque nous commençons à nous lancer dans des mots spécifiques, nous avons vraiment besoin de savoir de quoi nous parlons ici. »
Michael Lyons, chancelier de l’université de Californie à Berkeley
Malgré ces pressions politiques, M. Lyons a réaffirmé l’importance de la diversité.
« Si tout le monde ici avait l’air et parlait et avait la même expérience, Berkeley serait une fraction de l’institution qu’elle est maintenant. »
Michael Lyons, chancelier de l’université de Californie à Berkeley
Le débat sur le « mérite » par rapport à la diversité reste vif, mais M. Lyons insiste sur le fait que la réussite scolaire et la résilience personnelle devraient être prises en compte dans l’évaluation du mérite.
Le président de l’université de Californie, James B. Milliken, a publié une déclaration en ligne exprimant ses préoccupations face à cette situation et soulignant l’importance de protéger la mission de l’université et ses étudiants. Il a également mis en garde contre les risques d’une perte importante de financement fédéral si l’université ne se conformait pas aux demandes d’informations des agences fédérales.
Si vous êtes sur l’application ABC7, cliquez ici pour regarder en direct
Copyright © 2025 KGO-TV. Tous droits réservés.
Sur le même sujet
