Les perspectives d’une baisse des taux d’intérêt aux États-Unis en décembre se sont renforcées après la publication de données économiques décevantes, tandis que les marchés surveillent de près le budget britannique à venir et les possibles interventions sur le marché des changes au Japon.
La probabilité que la Réserve fédérale américaine (Fed) réduise ses taux de 25 points de base lors de sa réunion de décembre a atteint 76 %, selon les estimations des traders. Cette évolution s’explique par un ralentissement inattendu de l’inflation aux États-Unis. L’indice des prix à la production (IPP) a stagné en octobre, affichant une croissance annuelle de 2,7 %, comme prévu, mais son évolution mensuelle a été plus faible que prévu, passant de 2,9 % à 2,6 %. Les ventes au détail ont également montré des signes de faiblesse.
Par ailleurs, des spéculations circulent concernant le prochain président de la Fed. Kevin Hasset, conseiller économique de la Maison Blanche, serait désormais le favori de Donald Trump pour succéder à Jerome Powell. M. Hasset partage les opinions du président Trump sur les taux d’intérêt, ce qui pourrait influencer la politique monétaire future. Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a indiqué que M. Trump devrait annoncer son choix avant Noël.
Bien que Jerome Powell se soit montré réticent à une troisième baisse consécutive des taux lors de la dernière réunion du Comité fédéral de la politique monétaire (FOMC), la faiblesse des données économiques, combinée aux déclarations accommodantes de certains responsables de la Fed, notamment John Williams, président de la Fed de New York, penchent désormais en faveur d’une baisse en décembre.
Cependant, certains experts mettent en garde contre un optimisme excessif. Malgré le report des données officielles du troisième trimestre en raison de la fermeture administrative américaine, le modèle de la Fed d’Atlanta prévoit une croissance annualisée robuste de 4,2 % au quatrième trimestre. Une économie américaine forte pourrait inciter la Fed à maintenir le statu quo, ce qui entraînerait un rebond du dollar.
Au Royaume-Uni, l’attention se porte sur l’annonce du budget d’automne par la chancelière Rachel Reeves. Les investisseurs s’interrogent sur la manière dont elle compte financer le déficit budgétaire, le gouvernement étant peu enclin à réduire les dépenses. Des augmentations d’impôts semblent inévitables, mais le type et l’ampleur de ces augmentations restent incertains. Un budget jugé insuffisant pour stimuler la croissance pourrait peser sur la livre sterling et alimenter les anticipations d’une politique monétaire plus accommodante de la Banque d’Angleterre (BoE).
Les traders de yen sont également sur le qui-vive, craignant une intervention des autorités japonaises pour soutenir leur monnaie. La période de Thanksgiving aux États-Unis pourrait offrir aux responsables japonais une opportunité d’agir, en raison de conditions de liquidité plus faibles.
La Banque de réserve de Nouvelle-Zélande (RBNZ) a surpris les marchés en réduisant ses taux d’intérêt de 25 points de base et en signalant la fin de son cycle d’assouplissement monétaire, en raison de signes encourageants de reprise économique.
À Wall Street, les principaux indices boursiers ont terminé la séance de mardi en hausse, portés par les anticipations d’une baisse des taux de la Fed. Le S&P 500 a enregistré la plus forte progression, tandis que la faiblesse du secteur technologique, notamment la chute de Nvidia (NASDAQ : NVDA), a limité les gains du Nasdaq. L’or a légèrement augmenté, profitant de la baisse des taux d’intérêt, tandis que le pétrole brut a glissé après l’annonce d’un potentiel accord de paix en Ukraine. Le pétrole brut WTI se maintient toutefois au-dessus d’une zone de support clé, entre 55,60 et 56,60 dollars le baril (environ 51 à 53 euros), en raison de l’incertitude quant à la réaction de la Russie.
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