Publié le 26 décembre 2024 à 14h35. Cinq personnes, dont un ancien dirigeant de Samsung, ont été arrêtées en Corée du Sud, accusées d’avoir divulgué des technologies confidentielles à un fabricant chinois de puces mémoire, CXMT. Cette affaire intervient alors que Pékin intensifie ses efforts pour atteindre l’autosuffisance dans le domaine stratégique des semi-conducteurs.
- Cinq individus ont été interpellés et sont accusés de violation des lois coréennes sur la concurrence déloyale et la protection des technologies industrielles.
- CXMT est soupçonnée d’avoir recruté un ancien vice-président de Samsung pour diriger son département de recherche et de l’avoir utilisé pour débaucher des ingénieurs clés.
- L’enquête porte sur la possible fuite de technologies liées à la mémoire vive dynamique (DRAM) de 10 nanomètres (environ 0,00000001 mètre).
Le bureau du procureur du district central de Séoul a annoncé mardi l’arrestation de ces cinq personnes, selon l’agence de presse Yonhap. Parmi elles figure un ancien cadre de Samsung, soupçonné d’avoir orchestré le recrutement de personnel essentiel et de technologies exclusives au profit de CXMT.
L’enquête révèle que CXMT, fondé en 2016, aurait rapidement recruté un ancien vice-président de Samsung pour prendre la tête de ses activités de recherche. Ce dernier aurait ensuite été chargé de constituer une équipe d’ingénieurs issus de Samsung, dans le but de développer la technologie DRAM de 10 nanomètres de l’entreprise chinoise. Les procureurs estiment que cette stratégie visait à accélérer le développement des capacités de CXMT dans le domaine des puces mémoire avancées.
Cinq autres personnes, des employés de CXMT, ont également été inculpées sans être arrêtées pour les mêmes motifs. Les accusations portent sur des violations de la loi coréenne sur la prévention de la concurrence déloyale et de la loi sur la protection des technologies industrielles.
Cette affaire survient à un moment crucial pour l’industrie chinoise des semi-conducteurs, qui cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis des technologies étrangères. Les efforts de Pékin pour atteindre l’autonomie dans ce secteur stratégique sont de plus en plus importants, et CXMT jouait un rôle croissant dans cette ambition, comme le souligne cet article du South China Morning Post sur les semi-conducteurs.
Samsung et CXMT n’ont pour l’instant pas souhaité commenter ces accusations, contactés vendredi par les médias.
