Un juge fédéral a convoqué quotidiennement un haut responsable de la patrouille frontalière à Chicago, après avoir reçu de multiples plaintes concernant l’utilisation de gaz lacrymogènes contre des manifestants et des civils. Cette décision intervient dans le cadre d’un procès intenté par des médias concernant les actions des forces fédérales lors des opérations d’expulsion menées sous l’administration Trump.
À retenir
- La juge Sara Ellis demande à Grégory Bovino, commandant de la patrouille frontalière, de rendre compte quotidiennement de l’utilisation de la force par ses agents.
- La juge a reporté sa décision concernant une interdiction de l’utilisation de gaz lacrymogènes, mais a exprimé son inquiétude face à son utilisation potentielle le soir d’Halloween.
- Des avocats des plaignants accusent les agents fédéraux d’avoir déclenché des incidents en utilisant de manière proactive des gaz lacrymogènes contre des civils pacifiques.
Contexte
La juge Sara Ellis a convoqué Grégory Bovino après avoir été submergée de plaintes alléguant des violations de ses ordres concernant l’utilisation de gaz lacrymogènes et d’autres armes anti-émeute. L’affaire a été initiée par des organisations de médias, dont le Chicago Headline Club, Block Club Chicago et la Chicago Newspaper Guild, qui contestent le traitement réservé aux manifestants lors des opérations d’expulsion menées par l’administration Trump.
La juge avait déjà émis une ordonnance interdisant l’utilisation de la force et des armes anti-émeute contre les journalistes et les manifestants sans avertissement préalable. Elle avait également ordonné l’activation des caméras corporelles par les agents équipés lors d’interventions.
Ce qui change
Grégory Bovino doit se présenter quotidiennement devant la juge Ellis jusqu’à l’audience préliminaire du 5 novembre. Il doit également fournir tous les rapports sur l’utilisation de la force et les images des caméras corporelles depuis le 2 septembre. La juge a exprimé sa préoccupation concernant l’utilisation potentielle de gaz lacrymogènes le soir d’Halloween, où des enfants pourraient être présents.
Lors d’une audience mardi, la juge Ellis a interrogé M. Bovino sur plusieurs allégations d’utilisation excessive de la force, notamment un incident à Little Village où une femme a été plaquée au sol par un agent. Elle a également souligné l’importance de donner des avertissements clairs avant d’utiliser des armes anti-émeute.
« Cela a été un thème récurrent dans tous les dossiers des plaignants : aucun avertissement n’a été donné. Ils doivent dire aux gens ce qu’ils vont faire avant de le faire, afin que les gens aient la possibilité de s’y conformer », a déclaré la juge Ellis.
Le département de la Sécurité intérieure (DHS) a défendu les actions de ses agents, affirmant que l’utilisation du gaz lacrymogènes était nécessaire pour assurer la sécurité des agents dans des situations volatiles. Cependant, les avocats des plaignants ont accusé les agents de provoquer la violence en lançant de manière proactive des gaz lacrymogènes sur des civils pacifiques.
« Ce qui se passe, c’est que des agents lancent de manière proactive des gaz lacrymogènes sur les civils. Ils incitent à la violence, puis ils utilisent cette violence pour justifier davantage de force », a déclaré un avocat des plaignants.
Prochaines étapes
Une déposition de Grégory Bovino est prévue mercredi, où les avocats des plaignants pourront l’interroger sur la manière dont les agents fédéraux appliquent la loi et s’ils violent les droits constitutionnels des individus. La juge Ellis a prolongé la durée de cette déposition à cinq heures. L’audience préliminaire dans cette affaire est fixée au 5 novembre.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Durée de la déposition de Bovino | 5 heures |
| Date de l’audience préliminaire | 5 novembre |
Sources
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