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Le mari de Louisa refuse de se soumettre à un test de démence

by Sophie Martin

Publié le 2025-11-02 06:34:00. Louise, une femme dont le nom a été modifié pour préserver sa vie privée, vit une épreuve difficile face à la possible démence frontotemporale de son mari, une situation qui bouleverse leur quotidien et l’amène à naviguer entre inquiétude, impuissance et adaptation.

  • Louise est confrontée à des nuits blanches et à une fatigue constante en raison de la nécessité de surveiller son mari en permanence.
  • Elle soupçonne une démence frontotemporale, caractérisée par des changements de comportement précoces.
  • Elle trouve du réconfort dans une approche basée sur l’acceptation et la souplesse, inspirée par le livre Dites oui à la démence.

La situation de Louise illustre les défis auxquels sont confrontés de nombreux aidants familiaux. Elle décrit un quotidien rythmé par l’inquiétude et la fatigue. Son mari, dont l’identité n’a pas été révélée, est de plus en plus sujet à des comportements inhabituels, notamment des achats impulsifs et des réponses à des spams. « Je dois le surveiller en permanence. Il répond également aux spams et il lui est arrivé plusieurs fois qu’il ait payé quelque chose. J’ai pu annuler cela via la banque, mais il s’agit de sa carte de crédit et de son argent, donc je ne peux pas empêcher grand-chose », confie-t-elle.

Louise soupçonne que son mari souffre de démence frontotemporale, une forme de démence qui se manifeste souvent par des changements de personnalité et de comportement avant les pertes de mémoire. Elle se souvient d’une période précédant l’apparition des symptômes où les tensions étaient vives. « Avant l’accident, j’avais presque envie de divorcer. Il me reprochait tout, se disputait et disait des choses inacceptables. Je ne reconnaissais plus mon mari. Maintenant, j’ai appris à ne pas le prendre personnellement », explique-t-elle.

Pour faire face à cette situation complexe, Louise s’inspire des conseils du livre Dites oui à la démence de Freya Flach et Hanneke van der Pol. L’ouvrage préconise une approche basée sur la validation et l’acceptation des pensées et des actions de la personne atteinte de démence. « Ils conseillent d’être ludique avec la démence. Alors suivez les pensées de la personne atteinte de démence et dites simplement “oui”. Cela crée le moins de chaos et de résistance pour cette personne. Quel est le pire qui puisse arriver ? Tant que cela ne pose pas de problème, laissez tomber, c’est l’idée », résume-t-elle.

L’avenir reste incertain. Louise est consciente que son mari a le droit de refuser les soins, mais elle craint que ce droit ne lui soit retiré si son état continue de se détériorer. Elle espère qu’il aura un moment de lucidité et acceptera de l’aide de lui-même. « Mon mari peut encore refuser les soins, c’est son droit. Mais si les choses continuent ainsi, il perdra ce droit. J’espère reporter ce moment et dans le scénario idéal, il aura un moment de clarté et décidera d’opter pour l’aide lui-même », dit-elle, tout en reconnaissant que ce scénario est peu probable. Elle se prépare donc à l’inéluctable.

Louise exprime son désarroi face à la souffrance de son mari et à son propre sentiment d’impuissance. « Je le vois souffrir, il se rend parfois compte qu’il fait des erreurs et essaie ensuite de les dissimuler. L’impuissance est pénible à regarder. Je me sens aussi impuissant. Je ne sais pas comment ça va se passer. L’avenir est incertain. Il me manque. Nous me manquons », confie-t-elle avec émotion.

Si vous êtes confronté à une situation similaire et avez besoin de soutien, vous pouvez contacter la ligne d’écoute pour les aidants informels au 0307606055.

*Le nom de Louisa est fictif. Son vrai nom est connu des éditeurs.

Appel à témoignages

Vous êtes également un aidant familial et souhaitez partager votre expérience ? Envoyez une brève description à [email protected] avec l’objet « Soins informels » et indiquez votre numéro de téléphone. L’anonymat est bien entendu possible.

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