Une frappe massive de missiles russes sur l’Ukraine, notamment sur Kyiv et Lviv, a fait au moins quatre morts et 25 blessés jeudi soir. L’attaque, qui a utilisé un missile balistique hypersonique de nouvelle génération, a ravivé les craintes d’une escalade du conflit et suscité des condamnations internationales.
Selon les autorités ukrainiennes, l’attaque a impliqué 13 missiles balistiques, 22 missiles de croisière et 242 drones. Kyiv a accusé Moscou d’avoir ciblé délibérément des infrastructures civiles, notamment des installations énergétiques, dans un contexte de froid glacial. Un bâtiment de l’ambassade du Qatar a également été endommagé.
Le président Volodymyr Zelensky a dénoncé une attaque visant « la vie normale des gens ordinaires » et a souligné que tout était mis en œuvre pour rétablir le chauffage et l’électricité. À Kyiv, une équipe de secours a été victime d’une « double frappe », une première attaque suivie d’une seconde, alors qu’elle intervenait dans un immeuble endommagé. Plusieurs quartiers de la capitale sont privés d’électricité, alors que des températures de -15 °C sont prévues ce week-end.
Le maire de Kyiv, Vitali Klitschko, a exhorté les habitants à quitter temporairement la ville s’ils le pouvaient, soulignant que près de 6 000 immeubles d’habitation étaient désormais privés de chauffage en raison des dommages subis par les infrastructures critiques. « La moitié des immeubles d’habitation de Kyiv sont actuellement privés de chauffage », a-t-il précisé sur les réseaux sociaux.
L’utilisation par la Russie du missile balistique Oreshnik, pour la deuxième fois depuis son déploiement en novembre 2024 (initialement sur Dnipro), a particulièrement inquiété. Ce missile hypersonique de portée intermédiaire, capable d’atteindre jusqu’à 5 500 km, est doté d’une ogive qui se fragmente en plusieurs projectiles ciblés indépendamment, provoquant des explosions répétées.
Un missile balistique a également frappé une infrastructure à Lviv, située à environ 60 km de la frontière polonaise. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré de nombreuses explosions à la périphérie de la ville.
Le ministère russe de la Défense a justifié cette frappe comme une réponse à une attaque de drone ukrainien présumée contre la résidence de Vladimir Poutine fin décembre, une allégation contestée par Kyiv. L’Union européenne a exprimé de sérieux doutes quant à la réalité de cette attaque, tandis que Donald Trump a déclaré ne pas y croire.
La chef de la politique étrangère de l’UE, Kaja Kallas, a qualifié l’attaque russe d’« avertissement » pour l’Europe et les États-Unis, affirmant que « Poutine ne veut pas la paix, la réponse de la Russie à la diplomatie est davantage de missiles et de destructions ». Elle a ajouté que ce schéma meurtrier se répéterait tant que l’Ukraine ne recevrait pas l’aide nécessaire pour y mettre fin.
Par ailleurs, un demi-million de personnes dans la région russe de Belgorod ont été privées d’électricité à la suite de bombardements ukrainiens sur les infrastructures, selon le gouverneur local. Une frappe ukrainienne contre une centrale électrique russe dans la ville d’Orel a également affecté les systèmes d’eau et de chauffage.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a estimé que cette frappe près des frontières de l’UE et de l’OTAN constituait « une menace grave pour la sécurité du continent européen et un test pour la communauté transatlantique ». Il a dénoncé une réponse à « [les] propres hallucinations » de Poutine.