Publié le 9 novembre 2025 à 16h20. Une comète interstellaire, baptisée 3I/ATLAS, suscite l’émoi dans la communauté scientifique en raison de sa trajectoire atypique et de son accélération inexpliquée, ravivant les débats sur la possibilité de vie extraterrestre.
- La comète 3I/ATLAS, découverte en juillet 2025, se distingue par sa vitesse élevée (environ 68 km/s) et son orbite hyperbolique.
- Des changements de couleur observés lors de son approche du Soleil, passant du rouge au vert puis au bleu, sont liés à la décomposition de gaz émis par son noyau.
- L’astrophysicien Avi Loeb estime qu’il existe une probabilité de 40 % que 3I/ATLAS soit une sonde d’origine extraterrestre, une hypothèse controversée.
Découverte le 1er juillet 2025 par le télescope ATLAS de la NASA au Chili, la comète interstellaire 3I/ATLAS intrigue les astronomes. Elle se caractérise par une vitesse d’environ 68 km/s et une trajectoire qui la mènera à frôler le Soleil avant de quitter notre système solaire. Ce n’est que la troisième comète interstellaire identifiée à ce jour, après « Oumuamua » (2017) et « Borisov » (2019).
3I/ATLAS est constituée d’un noyau solide de glace et de roche, entouré d’une coma, un nuage de gaz et de poussière. Son orbite hyperbolique, qui la distingue des comètes classiques aux orbites courbes ou paraboliques, est particulièrement déconcertante. De plus, la comète semble subir une accélération qui ne peut être entièrement expliquée par les forces gravitationnelles, un phénomène qui alimente les spéculations.
Lors de son approche du Soleil, les scientifiques ont observé un changement de couleur remarquable, passant du rouge au vert, puis au bleu clair et enfin au verdâtre. La NASA explique que ces variations sont dues aux émissions de gaz provenant du noyau de la comète, qui décomposent les molécules de carbone et d’hydrogène lorsqu’elles sont exposées au rayonnement solaire.
L’astrophysicien Avi Loeb, de l’université Harvard, va plus loin dans ses hypothèses. Il suggère que plusieurs caractéristiques de 3I/ATLAS pourraient indiquer qu’il s’agit d’un objet artificiel. Il met en avant sept éléments, notamment sa trajectoire inhabituelle, son mouvement rétrograde, son accélération non gravitationnelle et la présence de nickel dans son spectre. Il estime même à 40 % la probabilité que 3I/ATLAS soit une sonde construite par une civilisation extraterrestre, un événement qu’il qualifie de « Cygne noir » en astronomie.
« Il est possible que nous ayons détecté un artefact technologique extraterrestre. »
Avi Loeb, astrophysicien à Harvard
Cependant, cette interprétation n’est pas partagée par tous. Brian Cox et Neil deGrasse Tyson, deux figures de la vulgarisation scientifique, soulignent qu’il est prématuré de spéculer sur une origine extraterrestre. Ils penchent plutôt pour l’hypothèse d’une formation naturelle provenant d’un système stellaire disparu il y a des milliards d’années. Ils insistent sur la nécessité de preuves concrètes avant de tirer des conclusions hâtives.
Malgré ces divergences, les scientifiques s’accordent sur un point : 3I/ATLAS ne représente aucune menace pour la Terre. La NASA et l’Agence spatiale européenne (ESA) ont assuré que la trajectoire de la comète ne croisera pas celle de notre planète.
Au-delà du débat sur son origine, le phénomène 3I/ATLAS offre une occasion unique d’étudier de près un objet interstellaire. Cette observation pourrait enrichir notre compréhension de l’univers et des processus qui régissent la formation des comètes, tout en soulignant les limites de nos connaissances et la place de la spéculation dans la recherche scientifique.
Source: Bhaskar English
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