Publié le 6 octobre 2025 17:05:00. Une nouvelle campagne de piratage informatique, ciblant particulièrement le Brésil, utilise la messagerie WhatsApp pour diffuser un logiciel malveillant capable de compromettre les ordinateurs Windows et de voler des informations bancaires. Les chercheurs mettent en garde contre une propagation rapide exploitant la confiance entre les utilisateurs.
- Des pirates informatiques exploitent WhatsApp pour propager un malware nommé Sorvepotel, principalement au Brésil.
- Le malware se propage via des fichiers zip piégés, déguisés en documents légitimes, envoyés par des contacts compromis.
- Sorvepotel est conçu pour une propagation rapide et massive, et peut détourner les sessions WhatsApp Web des victimes.
Une campagne de phishing sophistiquée est actuellement en cours, utilisant la plateforme de messagerie WhatsApp pour infecter des ordinateurs fonctionnant sous Windows, principalement au Brésil. Les chercheurs en cybersécurité ont identifié un malware baptisé Sorvepotel, qui se propage à une vitesse alarmante grâce à la confiance que les utilisateurs accordent à leurs contacts.
L’infection débute lorsqu’un utilisateur reçoit un message WhatsApp provenant d’un contact dont le compte a été compromis – un ami, un collègue, ou même un membre de sa famille. Ce message contient une pièce jointe sous forme de fichier zip, qui se présente comme un document banal, tel qu’un formulaire de réception ou un document relatif à la santé. En réalité, ce fichier renferme le logiciel malveillant Sorvepotel.
Une fois exécuté, le malware ne se contente pas d’infecter l’ordinateur de la victime. Il est également capable de détecter si WhatsApp Web est actif sur la machine. Plus inquiétant encore, Sorvepotel détourne la session WhatsApp Web de la victime et envoie automatiquement le même fichier zip piégé à tous ses contacts et à tous les groupes de discussion auxquels elle participe, amplifiant ainsi considérablement la portée de l’attaque.
Contrairement aux campagnes de rançongiciels (ransomware) ou de vol de données massifs, Sorvepotel semble privilégier la vitesse et la propagation à grande échelle. Les chercheurs soulignent que cette stratégie exploite la confiance inhérente aux échanges sur WhatsApp. Cette propagation automatisée génère un volume important de messages indésirables, ce qui conduit fréquemment à des suspensions ou à des blocages de comptes en raison de violations des conditions d’utilisation de WhatsApp.
À ce jour, le Brésil est le pays le plus touché par cette campagne, représentant 457 des 477 infections recensées. Les secteurs les plus visés sont ceux de l’administration publique et des services gouvernementaux, mais des organisations issues de la fabrication, de l’éducation, de la banque, de la technologie et de la construction ont également été affectées.
En plus de Sorvepotel, les chercheurs ont identifié deux autres charges utiles associées : Maverick.stagetwo, ciblant spécifiquement les utilisateurs brésiliens, et Maverick.agent, capable de voler des identifiants de connexion et d’afficher de fausses fenêtres de superposition imitant des sites web financiers légitimes afin d’inciter les utilisateurs à divulguer des informations sensibles.
Bien qu’aucune preuve de vol de données à grande échelle ou de chiffrement de données par rançongiciel n’ait été constatée pour le moment, les chercheurs rappellent que des campagnes similaires menées par le passé au Brésil ont ciblé des institutions financières. L’origine de cette attaque n’a pas encore été attribuée à un groupe de piratage connu.
Le Brésil a été confronté à une série d’incidents de cybersécurité de grande ampleur ces derniers mois. Récemment, des pirates ont dérobé plus de 5 millions de réais (environ 939 000 dollars américains) provenant de comptes bancaires municipaux dans la ville de Monte Sião. En juillet, la police a arrêté un employé d’une société de logiciels accusé d’avoir facilité le vol de plus de 100 millions de dollars via le système de paiement instantané brésilien PIX.
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