Home AffairesLe numéro un de Wall Street arrive en Argentine en pleine tempête avec le dollar

Le numéro un de Wall Street arrive en Argentine en pleine tempête avec le dollar

by Amélie Bernard

Publié le 21 octobre 2024 à 23:04:00. L’arrivée à Buenos Aires de Jamie Dimon, PDG de JP Morgan, coïncide avec une période de forte incertitude économique et politique en Argentine, à la veille d’élections législatives cruciales. Cette visite, qui s’inscrit dans le cadre d’un forum international organisé par la banque, suscite l’attention en raison du soutien affiché par Washington et de l’intérêt croissant pour le gouvernement de Javier Milei.

  • Jamie Dimon, PDG de JP Morgan, se rend à Buenos Aires cette semaine.
  • Un forum international organisé par la banque se tiendra à San Telmo, avec la participation de personnalités de premier plan.
  • Cette visite intervient dans un contexte de tensions économiques et politiques, à la veille d’élections législatives déterminantes.

L’Argentine est au cœur de toutes les attentions. L’arrivée de Jamie Dimon, figure emblématique du monde financier et PDG de JP Morgan, l’une des plus grandes banques d’investissement au monde, à Buenos Aires, est perçue comme un signal fort. Ce déplacement coïncide avec une période de turbulences sur le marché des changes et précède de quelques jours des élections législatives dont l’issue pourrait soit apaiser, soit exacerber les tensions économiques.

Officiellement, la date de ce voyage relève de la coïncidence. JP Morgan organise chaque année un événement mondial dans l’un des 90 pays où elle est présente, et cette année, l’Argentine a été choisie. Cependant, le contexte actuel ne peut être ignoré. L’Occident, et notamment les États-Unis, manifestent un intérêt croissant pour le gouvernement de Javier Milei, un intérêt qui s’est encore intensifié avec le soutien exprimé par Donald Trump.

Le forum, qui se tiendra dans le quartier historique de San Telmo, promet d’accueillir des intervenants de haut niveau et des chefs d’entreprise influents. Parmi eux, Tony Blair, ancien Premier ministre britannique et président du conseil d’administration de JP Morgan, qui a récemment été pressenti par Donald Trump pour diriger un Conseil de la Paix chargé de superviser un futur gouvernement de transition « palestinien et apolitique » dans la bande de Gaza.

Condoleezza Rice, ancienne secrétaire d’État américaine sous l’administration de George W. Bush et associée au sein de la banque, sera également présente. Le secteur privé sera représenté par des figures de proue telles qu’Amin Nasser, directeur général de Saudi Aramco, la plus grande compagnie pétrolière au monde, qui a récemment acquis des stations-service au Chili et affiche un intérêt de longue date pour Vaca Muerta, le gisement de schiste argentin.

Cette visite suscite logiquement l’effervement au sein de l’establishment argentin. Au-delà du prestige des participants, c’est la situation politique locale qui rend ce déplacement particulièrement significatif. JP Morgan n’est pas seulement un acteur majeur du monde financier, mais aussi la banque choisie par le gouvernement pour mener à bien l’opération de rachat d’obligations. De plus, elle figure parmi les cinq institutions financières, dont celle dirigée par Scott Bessant, secrétaire au Trésor américain, qui devraient participer activement au prêt de 20 milliards de dollars que l’Argentine pourrait recevoir avec le soutien des Droits de Tirage Spéciaux (DTS) détenus par les États-Unis au Fonds Monétaire International (FMI).

Bien que les détails de cette opération restent flous, son annonce a suffi à capter l’attention du marché, dans un contexte où l’incertitude règne. Un homme d’affaires a confié à LA NATION : « La seule chose importante, ce sont les élections et le lendemain : si Milei sera capable de gouverner. »

Le programme de la visite est chargé. Il prévoit notamment un déjeuner entre Jamie Dimon, son équipe et plusieurs chefs d’entreprise argentins, dont Marcos Galperín, Eduardo Escasány, Armando Losón et Mariano Bosch. Les participants auront également l’occasion de visiter un musée, d’assister à un cocktail au Teatro Colón et, le samedi, de se rendre à la finale du Tortugas Open de polo, un match opposant les équipes La Natividad-La Dolfina à Ellerstina-Indios Chapaleufú – un affrontement entre les Cambiasos et les Castagnolas contre les Pieres et les Heguy.

Ce programme varié et international ne pourra toutefois échapper à la crise argentine, notamment en raison de la présentation prévue par le ministre de l’Économie, Luis Caputo.

Les hommes d’affaires argentins accordent une importance capitale aux élections législatives et espèrent que le résultat constituera un tournant. Ils souhaitent non seulement que le gouvernement obtienne le tiers minimum des sièges pour défendre ses lois, mais aussi une plus grande flexibilité pour dialoguer avec l’opposition. C’est le même espoir exprimé par Donald Trump et Scott Bessent, dont le soutien à l’Argentine continue de susciter l’attention. « Je n’ai jamais vu ça de ma vie : Trump soutient, le secrétaire au Trésor tweete chaque jour sur l’Argentine… Le pape devrait sortir ! », s’est exclamé l’un d’eux.

Cet enthousiasme contraste avec la nervosité des épargnants, qui se ruent à nouveau sur le dollar. Un schéma classique en Argentine : en période électorale, la peur l’emporte sur l’avidité. Ils craignent moins les interventions du Trésor américain que les déconvenues habituelles, les scénarios catastrophes qui se répètent.

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