Publié le 7 octobre 2025 17:31:00. Un professeur émérite de l’université de Californie à Berkeley a été récompensé par le prix Nobel de physique pour ses travaux fondamentaux sur la mécanique quantique, ouvrant la voie à des avancées majeures dans des domaines tels que l’informatique quantique et la cybersécurité.
- John Clarke, de l’UC Berkeley, partage le prix avec Michel H. Devoret et John M. Martinis, de l’UC Santa Barbara.
- Leur recherche a démontré la possibilité pour des particules de franchir des barrières, même à une échelle macroscopique, grâce à l’utilisation de circuits supraconducteurs.
- Le prix survient après une visite du gouverneur de Californie, Gavin Newsom, dans les laboratoires de physique quantique de Berkeley.
La nouvelle a surpris John Clarke, qui a d’abord cru à une blague lorsqu’il a reçu l’appel de Stockholm mardi matin. « J’étais assis là, complètement abasourdi », a-t-il confié. « Je n’ai jamais imaginé, de toute ma vie, que quelque chose de tel puisse arriver. »
Les trois lauréats ont mené des expériences sur le phénomène de l’effet tunnel quantique, une propriété de la mécanique quantique permettant à une particule de traverser une barrière de potentiel, même si elle ne possède pas l’énergie classique nécessaire pour le faire. Leur découverte clé réside dans l’utilisation de circuits supraconducteurs pour observer cet effet à une échelle plus grande, ouvrant ainsi des perspectives inédites.
Le chancelier de l’UC Berkeley, Rich Lyons, a souligné l’importance de cette avancée : « La promesse de cette science est immense. Nous pouvons envisager ses bénéfices dans des domaines aussi variés que la cybersécurité, la découverte de médicaments, la création de nouveaux matériaux, les simulations scientifiques et d’autres applications informatiques de grande envergure. »
Le prix Nobel, doté de plus d’un million de dollars américains (environ 930 000 euros au taux de change actuel), est partagé entre les trois chercheurs, selon la Fondation Nobel.
Cette distinction intervient quelques jours seulement après la visite du gouverneur Newsom dans les laboratoires de Berkeley, où il a annoncé la création de zones d’innovation quantique pour l’État. Cette initiative, selon les autorités californiennes, s’appuie directement sur les recherches pionnières menées par John Clarke et ses collègues.
John Clarke a exprimé son inquiétude quant à l’impact des réductions budgétaires opérées par l’administration Trump sur les fonds alloués à la recherche universitaire. « Cela va paralyser la science, et ce sera désastreux », a-t-il averti. « Il faudra peut-être une décennie pour retrouver le niveau que nous avions il y a six mois. » Il a souligné que les progrès réalisés n’auraient pas été possibles sans un financement adéquat et continu.
« Avec le temps, il est devenu évident que l’importance de nos travaux dépassait peut-être notre propre compréhension », a conclu John Clarke, témoignant d’une humilité face à l’ampleur des conséquences de ses recherches menées il y a plus de quarante ans.