Les banques centrales européennes observent attentivement l’évolution de l’économie américaine avant de prendre de nouvelles décisions de politique monétaire. L’attente des chiffres clés de l’emploi aux États-Unis pour octobre et novembre pourrait bien déterminer si la Banque centrale européenne (BCE) maintiendra sa ligne actuelle ou adoptera une approche plus accommodante.
La BCE évalue actuellement la force de l’euro, un renforcement de 10 % de la monnaie unique pouvant, selon son économiste en chef Philip Lane, freiner la croissance économique de la zone euro de 0,6 point de pourcentage au cours de la première année. Cette appréciation de l’euro, qui a déjà augmenté de plus de 13 % depuis le début de 2025, constitue une menace pour l’objectif d’inflation de la BCE.
Les prévisions de la BCE tablent sur un ralentissement de l’inflation à 1,7 % en 2026, avant de revenir à l’objectif de 2 % en 2027. Cependant, les divergences de politique monétaire entre les pays de la zone euro pourraient compromettre ces prévisions. À ce stade, certains membres du Conseil des gouverneurs de la BCE penchent pour une approche plus souple.
« Je ne peux exclure de nouvelles baisses de taux », a déclaré François Villeroy de Galhau, président de la Banque de France. Cette position contraste avec celle d’Isabel Schnabel, qui se montre satisfaite des anticipations du marché concernant un possible resserrement de la politique monétaire de la BCE.
Par ailleurs, d’autres banques centrales semblent vouloir prolonger leur pause dans le cycle d’assouplissement monétaire. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %, estimant qu’il se situe à un niveau approprié. Cette décision a contribué à une baisse des prix sur les marchés, atteignant leur plus bas niveau depuis la mi-septembre.
La Banque nationale suisse (BNS) a également conservé ses taux d’intérêt à zéro, tout en revoyant à la baisse ses prévisions d’indice des prix à la consommation (IPC). La BNS a souligné que le ralentissement des perspectives d’inflation ne justifie pas un retour à des taux négatifs. Le franc suisse a ainsi chuté à 0,7950, son niveau le plus bas depuis juillet.
L’attention reste donc focalisée sur les données américaines. Une amélioration du marché du travail outre-Atlantique donnerait à la BCE une marge de manœuvre pour éviter de revenir sur une politique plus accommodante. À l’inverse, une détérioration de la situation économique américaine pourrait l’obliger à reconsidérer sa stratégie.
