Publié le 30 novembre 2025. Des chercheurs ont détecté pour la première fois des décharges électriques sur Mars, un phénomène qui pourrait avoir des implications importantes pour la recherche de vie sur la planète rouge et la sécurité des futures missions habitées.
- Le rover Perseverance a enregistré 55 événements sonores et électromagnétiques suggérant des éclairs lors de tempêtes de poussière.
- Ces décharges pourraient être causées par le frottement des particules de poussière martienne, un mécanisme différent de celui des tempêtes terrestres.
- La présence de ces décharges électriques favorise la formation de substances oxydantes potentiellement nuisibles à la vie microbienne.
L’existence d’une activité électrique sur Mars était une hypothèse de longue date, mais aucune preuve directe n’avait été observée jusqu’à présent. Une équipe de scientifiques dirigée par Baptiste Chide, de l’Université de Toulouse, en France, a analysé les données collectées par le rover Perseverance, qui explore le cratère du lac dans l’hémisphère nord de Mars depuis son atterrissage en 2021. Les chercheurs ont découvert, dans les enregistrements du microphone du rover, 55 événements correspondant à des décharges électriques. Le microphone a capté les crépitements caractéristiques de ces décharges, ainsi que des signaux induits dans l’électronique précédant chaque son.
Ces découvertes, publiées dans la revue Nature, soulignent la complexité de l’environnement martien. Les scientifiques estiment que, contrairement à la Terre où les tempêtes sont alimentées par des collisions de gouttelettes d’eau et de cristaux de glace, les décharges électriques sur Mars pourraient être générées par le frottement des particules de poussière lors des tourbillons et des tempêtes de poussière qui balayent régulièrement la planète.
Cependant, cette activité électrique n’est pas sans conséquences. Les décharges favorisent la formation de substances hautement oxydantes, comme le peroxyde d’hydrogène, qui peuvent être toxiques pour les cellules vivantes. Cela pourrait réduire les chances de détecter des micro-organismes sur Mars, si tant est qu’ils existent.
Ondřej Santolík, chef du département de physique spatiale de l’Institut de physique atmosphérique de l’Académie des sciences de la République tchèque, a évoqué un projet avorté qui aurait pu permettre une observation plus directe de ces phénomènes. Son équipe avait développé un récepteur d’ondes électromagnétiques destiné à la mission ExoMars, capable de capter ces signaux avec une antenne dédiée plutôt qu’indirectement via le microphone de Perseverance. Malheureusement, la mission a été annulée suite à l’invasion russe de l’Ukraine.
Les chercheurs insistent également sur la nécessité de prendre en compte les risques liés à la foudre lors de la planification de futures missions habitées vers Mars. La protection des astronautes et des équipements contre ces décharges électriques sera un enjeu crucial pour assurer la sécurité des explorations martiennes.
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