Publié le 8 octobre 2025 à 03h10. Le marché pétrolier pourrait être confronté à un excédent important début 2026, une situation exacerbée par la hausse des taux d’intérêt qui rend le stockage du brut plus coûteux et pourrait accentuer les inquiétudes déjà présentes sur le marché.
- Un excédent pétrolier majeur est anticipé pour début 2026, estimé par Macquarie comme étant significatif.
- La hausse des taux d’intérêt complique le financement du stockage de ce surplus, un problème sous-estimé par Wall Street.
- Ce contexte pourrait entraîner une modification de la courbe des prix du pétrole, favorisant le stockage et créant une situation de “contango”.
Les experts anticipent un excédent pétrolier important au début de l’année 2026. La banque Macquarie, acteur majeur dans le secteur des matières premières, qualifie ce surplus de “considérable”. Pour faire face à cette situation, la solution traditionnelle consiste à stocker des millions de barils de pétrole brut dans des réservoirs. Cependant, un obstacle majeur se présente : les taux d’intérêt actuels sont beaucoup plus élevés qu’ils ne l’étaient lors des précédentes périodes de surproduction.
Ce coût de financement accru pourrait aggraver le sentiment pessimiste qui règne actuellement sur le marché pétrolier, un aspect qui ne semble pas encore pleinement pris en compte par les investisseurs de Wall Street. L’accumulation de stocks modifie la structure des prix du pétrole, créant une situation de “contango” où les prix à terme sont supérieurs aux prix au comptant. Les traders peuvent alors acheter du pétrole à bas prix, le stocker et réaliser des bénéfices en vendant des contrats à terme.
Ce phénomène de “contango” n’est pas nouveau. On l’a observé par le passé lors de plusieurs crises pétrolières, notamment en 2020 pendant la guerre des prix entre l’Arabie saoudite, la Russie et le Canada, ainsi qu’entre 2014 et 2017 lors de la concurrence entre l’Arabie saoudite et le pétrole de schiste américain, et encore entre 2008 et 2010 après la crise financière mondiale.
L’ampleur du “contango” dépend de plusieurs facteurs : la taille de l’excédent, le coût du stockage et le coût du financement. Le stockage du pétrole peut se faire dans des grottes souterraines, des réservoirs proches des raffineries, ou à défaut, sur des pétroliers utilisés comme installations flottantes, une option plus coûteuse en raison de la complexité logistique.
Le coût du financement est directement lié au prix du baril de pétrole et aux taux d’intérêt en vigueur. Le problème actuel réside dans le fait que les taux d’intérêt sont beaucoup plus élevés qu’ils ne l’étaient lors des périodes de “contango” précédentes, et il est probable qu’ils le restent au moins jusqu’au début de 2026. En utilisant le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans comme référence, les taux étaient d’environ 2,5% en 2009, 2% en 2015 et moins de 1% en 2020. Aujourd’hui, ils dépassent les 4%.
Même si les banques centrales baissent les taux d’intérêt, le coût du financement restera probablement plus élevé qu’auparavant. Cela signifie que la courbe des prix du pétrole devra s’écarter davantage pour compenser ces dépenses supplémentaires. Certains experts estiment que cela pourrait ajouter 10 cents par baril et par mois à la différence de prix pendant la période de “contango”, par rapport à 2020. Cela pourrait se traduire par un écart de plus d’un dollar par baril entre les prix au comptant et les prix à terme.
Actuellement, la Chine absorbe une partie importante de l’excédent pétrolier, stockant du brut pour des raisons stratégiques. Cela maintient la courbe des prix du pétrole dans une configuration “backwardation”, où les prix au comptant sont supérieurs aux prix à terme. Cependant, cette situation pourrait changer dès 2026. La décision de l’OPEP+ d’augmenter la production rend la compréhension de ce problème d’autant plus cruciale.
Une vague de pétrole se dirige déjà vers les centres de raffinage mondiaux. À l’exception d’un mois en 2020, les volumes de pétrole en transit n’ont pas été aussi importants depuis plus de dix ans. Bientôt, les pétroliers devront décharger leurs cargaisons, ce qui nécessitera un stockage commercial. Cela ne se produira que si la courbe des prix s’écarte suffisamment pour rendre le stockage économiquement viable, en tenant compte des coûts de financement élevés. Le seuil de 60 dollars le baril semble particulièrement vulnérable à cette vague d’approvisionnement.
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