Le Tribunal arbitral du sport a examiné jeudi à Lausanne le recours de la Fédération sénégalaise de football contre la Confédération africaine de football. L’affaire concerne l’attribution de la Coupe d’Afrique des nations 2025 au Maroc après une finale chaotique disputée en janvier dernier à Rabat.
L’audience s’est tenue à huis clos sur les rives suisses du Léman, mobilisant la juridiction suprême du sport pour un litige sans précédent dans l’histoire de la compétition. Aucune sélection n’avait jusqu’alors perdu sur tapis vert un titre conquis sur la pelouse.
La finale chaotique de Rabat et le recours sénégalais
À l’issue de la prolongation, le Sénégal s’était imposé face au pays hôte. La fin de la rencontre a toutefois été marquée par de profonds remous lorsqu’un penalty a été accordé au Maroc dans le temps additionnel.
Contestant un penalty accordé aux Marocains dans le temps additionnel, finalement manqué par Brahim Diaz, une grande partie des Sénégalais avaient quitté le terrain, et n’y étaient revenus qu’un quart d’heure plus tard.
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Malgré ce retour sur le terrain, le penalty manqué par Brahim Diaz et le but décisif de Pape Gueye en prolongation validant la victoire sénégalaise sur le score de 1-0, la suite de la procédure s’est déplacée dans les bureaux de l’instance continentale.
La Fédération sénégalaise sera représentée à Lausanne par son secrétaire général Abdoulaye Saydou Sow, avec la défense d’un pool d’avocats très expérimentés dirigé par Maître Seydou Diagne du Barreau de Dakar.

La ministre sénégalaise des Sports, Djirèye Clotilde Coly, a exprimé sa sérénité à l’approche de l’échéance : « Le tribunal tranchera. Ce qui est sûr, c’est que le Sénégal a bien préparé son dossier. Je n’ai à ce stade ni doute, ni peur. Nous attendons la décision du tribunal. »
La CAF annule le titre sénégalais
Saisi par la Fédération royale marocaine de football, le jury d’appel de la Confédération africaine de football a tranché le 17 mars 2026 en déclarant le Sénégal perdant par forfait. Un score de 3-0 a été homologué au profit des Lions de l’Atlas.
La CAF a fondé sa décision sur les articles 82 et 84 de son règlement, qui sanctionnent le fait de quitter la pelouse avant la fin réglementaire sans l’autorisation de l’arbitre. La Fédération sénégalaise a vivement contesté cette sanction, qualifiant la mesure administrative de décision infondée avant de porter l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport. Les conseils du Sénégal opposent à la position de l’instance panafricaine la Loi du jeu n°5.2 de l’International Board, qui pose le principe de la définitivité des décisions arbitrales sur les faits de jeu.
Trois scénarios possibles pour le Sénégal
Les débats au siège du TAS ont été confiés à une formation de trois arbitres spécialisés en droit du sport. Le collège est présidé par le Français Gérald Simon, professeur émérite à l’Université de Bourgogne et membre de la juridiction depuis 2001. Il est assisté par l’Italien Luigi Fumagalli et l’Allemand Ulrich Haas.

Les trois options principales pour le Sénégal :
- Confirmer la décision de la CAF et du forfait attribué au Sénégal.
- Annuler la sanction et valider le résultat initial acquis sur la pelouse en janvier.
- Renvoyer le dossier auprès de la Confédération africaine de football pour qu’elle statue à nouveau.
Le TAS ne rend pas de verdict immédiat
Aucune décision n’a été prononcée à l’issue de l’audience de jeudi, la juridiction suisse n’ayant pas rendu son verdict le jour même après avoir entendu les avocats des deux fédérations ainsi que ceux de la CAF. Le directeur général du TAS, Matthieu Reeb, a indiqué que l’institution œuvrait pour rendre une décision motivée dans les plus brefs délais, tout en prévenant les observateurs.
ça devrait durer quand même quelques jours, voire quelques semaines.
Matthieu Reeb, directeur général du TAS
Du côté des instances sénégalaises, une source interne espère un dénouement dans le courant du mois de novembre. En attendant, le trophée demeure suspendu à l’appréciation des arbitres suisses.