Un essai clinique national mené par des chercheurs de la Duke University School of Medicine et présenté le 26 octobre 2026 au congrès de la Société européenne d’oncologie médicale (ESMO) à Madrid, en Espagne, démontre que l’ajout du médicament tucatinib au traitement standard retarde considérablement la progression des métastases cérébrales chez les patientes atteintes d’un cancer du sein HER2-positif.
Les résultats cliniques de l’essai BRIDGET
L’essai de phase 2 BRIDGET a évalué l’efficacité du tucatinib administré plus tôt dans la prise en charge, spécifiquement chez des patientes ayant récemment développé une première ou une deuxième métastase cérébrale alors que la maladie en dehors du cerveau restait contrôlée. Les participantes ont d’abord reçu un traitement des lésions cérébrales par radiosurgery, avec ou sans intervention chirurgicale, suivi de l’administration de tucatinib combiné à un traitement standard ciblant HER2. Parallèlement, dans le champ de la recherche sur les tumeurs cérébrales, des avancées menées par des scientifiques du Wellcome Sanger Institute, du Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL), du Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ) et de l’Institut Cancer Research UK de Cambridge ont permis de cartographier plus d’un million de cellules de glioblastome pour décoder l’architecture spatiale de cette pathologie qui touche les adultes.
Les données recueillies auprès des 47 patientes inscrites dans cet essai dessinent un profil favorable. Après un suivi de 19,6 mois, plus de la moitié des patientes n’avaient toujours pas présenté de progression de leurs métastases cérébrales. La survie globale s’est également révélée élevée, 46 patientes sur 47 étant toujours en vie au terme de cette même période de suivi. À douze mois, 64 % des patientes ne montraient aucun signe d’aggravation, et à dix-huit mois, 59 % étaient en vie sans progression de la maladie. Historiquement, les études indiquaient que les patientes traitées par radiosurgery et thérapie systémique standard connaissaient une aggravation de la maladie dans le cerveau en l’espace de six mois environ.

Le passage de la barrière hémato-encéphalique
Le médicament bénéficie déjà d’une autorisation de la Food and Drug Administration (FDA) pour le traitement des patientes atteintes d’un cancer du sein HER2-positif avancé ou métastatique. Le tucatinib traverse la barrière hémato-encéphalique.
Les résultats de cet essai ont été présentés au nom du réseau de recherche sur le cancer Hoosier par Carey K. Anders, auteure principale de l’étude, professeure de médecine à Duke et membre du Duke Cancer Institute, ainsi que par Sarah L. Sammons, professeure associée au Maryland Greenebaum Cancer Center et membre du corps professoral adjoint à Duke. Concernant la plasticité des tumeurs cérébrales, Bayraktar, dont l’équipe a mené l’analyse financée par une subvention Wellcome Leap, a indiqué que l’étude portant sur des tumeurs de 12 patients démontre que les cellules suivent des trajectoires stéréotypées et prévisibles plutôt qu’un comportement totalement aléatoire.
Modifier rapidement la norme de soins
Cet effort pourrait modifier assez rapidement la norme de soins dans ce domaine, car l’agent testé, le tucatinib, est déjà disponible en clinique.
Carey K. Anders, professeure de médecine à Duke
L’essai a enrôlé ses participantes dans huit centres de soins distincts, incluant Duke University, confirmant la faisabilité de cette approche thérapeutique dans la prise en charge initiale des métastases cérébrales associées au cancer du sein HER2-positif, alors qu’historiquement, les études indiquaient que les patientes traitées par radiosurgery et thérapie systémique standard connaissaient une aggravation de la maladie dans le cerveau en l’espace de six mois environ.