Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a lancé une alerte le 21 août 2026, appelant l’Europe à renforcer ses mesures de lutte contre les moustiques face à la hausse des cas de virus West Nile et à l’expansion des espèces envahissantes sur le continent.
L’Europe fait face à une recrudescence marquée des risques liés aux maladies transmises par les moustiques. Des experts et des agences de l’Union européenne, dont le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) et la Commission européenne, unissent leurs voix pour exiger une action coordonnée en matière de santé publique, selon une publication parue dans la revue Eurosurveillance le 20 août 2026.
Expansion du virus West Nile dans neuf pays européens
La situation épidémiologique montre une progression rapide de la transmission locale. Six régions européennes ont rapporté des infections de virus West Nile acquises localement pour la première fois de l’année, selon les données de l’agence européenne actualisées au 13 août 2026. Au total, 429 cas d’origine locale ont été enregistrés dans neuf pays différents.
La période de transmission atteignant habituellement son pic entre le mois d’août et le début de septembre, les autorités sanitaires s’attendent à une augmentation supplémentaire du nombre de malades. Cette pression accrue découle d’une combinaison de facteurs environnementaux, de changements climatiques et de l’intensification des déplacements internationaux de personnes.
« L’expansion du virus West Nile ainsi que la propagation d’espèces de moustiques envahissantes démontrent pourquoi l’Europe doit renforcer sa capacité de lutte contre les moustiques. » Celine Gossner, ECDC
Le moustique tigre établi dans 16 pays
Le moustique tigre, connu pour être un vecteur potentiel des virus de la dengue et du chikungunya, est désormais solidement implanté dans 16 pays européens. Ce chiffre représente le double de l’implantation observée il y a douze ans. En Espagne, par exemple, les observations de moustiques tigres se multiplient ces dernières années dans la région de Barcelone, tandis que d’autres populations s’étendent vers le nord de l’Europe, atteignant des zones comme les Pays-Bas, d’après les travaux menés par des chercheurs universitaires et européens.
Face à cette menace croissante, les scientifiques estiment que le contrôle des vecteurs ne doit plus être considéré comme une simple réaction d’urgence après le déclenchement d’une épidémie, mais bien comme un pilier fondamental de la prévention.
Stratégies de contrôle et défis réglementaires
Les experts préconisent une approche intégrée combinant la surveillance des populations de moustiques et des maladies, la gestion rigoureuse des eaux stagnantes, l’implication des communautés locales et des interventions ciblées adaptées aux contextes locaux. La réduction des gîtes larvaires dans les réceptacles d’eau, les points de collecte de pluie et les systèmes de drainage reste l’action la plus directe pour limiter la prolifération des insectes.


Néanmoins, la lutte antivectorielle se heurte à des obstacles scientifiques et réglementaires de plus en plus lourds. Les pyréthrinoïdes, qui constituent la majorité des substances autorisées pour cibler les moustiques adultes, font face à des problèmes de résistance croissante des insectes, en plus de soulever des inquiétudes quant à leurs effets sur la santé humaine et les organismes non ciblés. Pour contourner ces limites, de nouvelles méthodes font l’objet d’évaluations et de projets pilotes en Europe, à l’instar de la technique de l’insecte stérile, qui consiste à relâcher des moustiques mâles stérilisés pour réduire la capacité de reproduction des populations sauvages sans accroître le nombre d’insectes piqueurs.
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