Home AffairesLee Ki-in « L’abolition de l’obéissance, une poignée de main qui fige encore davantage la société publique et ne fait que créer un vide sécuritaire »[일타뉴스]

Lee Ki-in « L’abolition de l’obéissance, une poignée de main qui fige encore davantage la société publique et ne fait que créer un vide sécuritaire »[일타뉴스]

by Amélie Bernard

Publié le 26 novembre 2025 à 19h30. Une réforme controversée de l’obligation d’obéissance pour les fonctionnaires et les militaires en Corée du Sud suscite des inquiétudes quant à la stabilité de l’administration et de la sécurité nationale, selon des experts interrogés par le journal Maeil.

  • L’amendement proposé supprimerait l’obligation légale d’obéissance, la remplaçant par une obligation de suivre les ordres et la supervision.
  • Des voix s’élèvent pour dénoncer un risque de paralysie administrative et de remise en question de l’autorité en cas d’ordres perçus comme illégaux.
  • La polémique s’étend à une récente décision du parquet, accusée de faire preuve de duplicité en matière de respect des règles.

Le gouvernement de Lee Jae-myung souhaite modifier les lois régissant les fonctionnaires et le personnel militaire, une réforme qui pourrait marquer une rupture avec 76 années de jurisprudence. L’objectif affiché est de favoriser une culture administrative plus démocratique, basée sur le dialogue et la discussion, et de reconnaître le droit de refuser les ordres illégaux, déjà validé par la Cour suprême. Cependant, cette initiative soulève des craintes quant à son impact sur le bon fonctionnement de l’État et la sécurité du pays.

Lee Ki-in, secrétaire général du Nouveau Parti réformateur, met en garde contre un durcissement de la fonction publique.

« Cette clause d’obéissance peut sembler obligatoire, mais elle sert aussi de bouclier pour les hauts fonctionnaires, leur permettant de se dédouaner de la responsabilité de leurs décisions. Si ce bouclier disparaît, la fonction publique risque de devenir encore plus rigide. »

Lee Ki-in, secrétaire général du Nouveau Parti réformateur

Il souligne que l’absence d’une obligation claire d’obéissance pourrait inciter les fonctionnaires à la passivité face à des décisions politiquement sensibles.

Les inquiétudes s’étendent également au domaine militaire. Lee Ki-in s’interroge sur la capacité de l’armée à réagir efficacement en cas de conflit.

« Si un soldat refuse d’obéir à un ordre au nom des droits de l’homme en pleine situation de guerre, comment pouvons-nous garantir la sécurité nationale ? »

Lee Ki-in, secrétaire général du Nouveau Parti réformateur

Il plaide pour une définition plus précise des « ordres légitimes » avant d’envisager une telle réforme.

Kim Geum-hyuk, ancien assistant du ministre des Patriotes et des Anciens Combattants, critique l’ambiguïté de la notion d’illégalité.

« Le problème majeur est de savoir sur quelle base un fonctionnaire peut juger un ordre illégal. Si chaque agent public se permet de contester les ordres en se basant sur son propre jugement, l’administration deviendra une république de dispositions provisoires. »

Kim Geum-hyuk, ancien assistant du ministre des Patriotes et des Anciens Combattants

Il craint que cette réforme ne conduise à une paralysie de l’administration et à une multiplication des recours juridiques.

Kim Geum-hyuk dénonce également une contradiction dans l’attitude du gouvernement, notamment concernant la décision du parquet de renoncer à son appel dans l’affaire Daejang-dong.

« C’est une contradiction typique. Ils critiquent les procureurs qui expriment des opinions divergentes, alors qu’ils prétendent vouloir encourager le débat et la remise en question. »

Kim Geum-hyuk, ancien assistant du ministre des Patriotes et des Anciens Combattants

Il estime que cette affaire illustre une volonté de manipuler les règles au service d’intérêts politiques.

L’ancien assistant du ministre souligne que l’armée est une organisation hiérarchique qui nécessite une obéissance stricte pour fonctionner efficacement.

« Si un commandant de compagnie décide de ne pas attaquer par crainte de pertes, comment pouvons-nous mener une opération militaire ? »

Kim Geum-hyuk, ancien assistant du ministre des Patriotes et des Anciens Combattants

Il met en garde contre un affaiblissement des capacités de défense nationale.

Enfin, Kim Geum-hyuk s’interroge sur les motivations du gouvernement.

« Le but est politique. Ils veulent supprimer l’obligation d’obéir pour traquer les fonctionnaires qui ont participé à la loi martiale, mais la loi martiale est terminée. »

Kim Geum-hyuk, ancien assistant du ministre des Patriotes et des Anciens Combattants

Il appelle le parti au pouvoir à renoncer à cette réforme, qu’il juge dangereuse et contre-productive.

※ La déclaration complète est disponible dans la vidéo.

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