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l’élevage bovin diminue – Secteur agricole

by Amélie Bernard

Publié le 5 janvier 2026. L’élevage bovin européen est confronté à des défis économiques et structurels majeurs, poussant certains exploitants à se diversifier ou à abandonner complètement cette activité. En Allemagne et en Hongrie, des tendances similaires émergent, marquées par une baisse des effectifs et une recherche de modèles plus rentables.

  • Une exploitation allemande prévoit d’abandonner l’élevage de 4 000 bovins au profit de 200 000 poulets de chair d’ici 2026.
  • En Hongrie, le nombre de bovins a diminué de près de 6 % entre 2022 et 2023, en raison des crises sanitaires et des conditions de marché.
  • L’élevage bovin est de plus en plus coûteux et complexe, tandis que l’aviculture apparaît comme une alternative plus attractive.

En Allemagne, l’exploitation agricole Zepkow va radicalement changer son orientation à partir de 2026. Selon AgrarHeute, elle abandonnera l’élevage de ses 4 000 bovins pour se consacrer à l’élevage de quelque 200 000 poulets de chair dans une étable réaménagée datant des années 1970. Cet investissement d’environ 2 millions d’euros est justifié par une logique économique simple : l’aviculture est moins onéreuse, plus rapide et plus efficace que l’élevage bovin. Il faut en moyenne 1,5 kilogramme d’aliments pour produire un kilogramme de viande de volaille, contre jusqu’à 7 kilogrammes pour le bœuf. Les coûts d’investissement, liés aux infrastructures, au traitement du fumier, à la santé animale et à la prévention des épidémies, sont également beaucoup plus élevés pour les bovins, sans oublier la durée plus longue du cycle de production.

Cette décision est également influencée par l’évolution des habitudes de consommation en Allemagne, où la demande de volaille est en hausse tandis que la consommation de bœuf diminue, impactant directement la rentabilité du secteur.

La Hongrie connaît une situation similaire, bien que dans un contexte historique et structurel différent. Le cheptel bovin a diminué, passant d’environ 932 000 têtes en 2022 à moins de 870 000, comme le montrent les données de l’Office central de statistique hongrois (KSH). Cette baisse est due en partie aux épidémies et en partie aux conditions de marché défavorables. Le volume du marché de la viande bovine a chuté d’un tiers, affectant non seulement les marchés d’exportation, mais aussi la structure interne des échanges.

Même si la situation semble se stabiliser en 2025, le rétablissement de la confiance sur le marché du commerce d’animaux vivants est un processus lent, et la réouverture des marchés étrangers prendra du temps. La rentabilité de l’élevage bovin en Hongrie est également compromise par les coûts élevés liés aux infrastructures, aux systèmes de traite automatisés, aux technologies d’alimentation et à la surveillance vétérinaire. L’élevage extensif, basé sur le pâturage, est une alternative moins coûteuse, mais il est de plus en plus vulnérable aux effets du changement climatique, tels que la sécheresse et les événements météorologiques extrêmes. La gestion des pâturages nécessite une expertise spécifique, et une mauvaise gestion peut rapidement dégrader la base de production.

Par ailleurs, le secteur hongrois se concentre progressivement : les grandes exploitations laitières, souvent gérées par des coopératives, utilisent un nombre plus important d’animaux et des technologies modernes, tandis que les bovins de boucherie sont généralement élevés dans des exploitations familiales. La pénurie de main-d’œuvre constitue un défi majeur dans les deux cas, car l’élevage, physiquement exigeant, devient de moins en moins attractif, malgré les efforts d’automatisation.

En résumé, comme le souligne AgrárGazda, l’élevage bovin est plus coûteux, plus complexe et plus risqué que d’autres secteurs de l’élevage, tant en Allemagne qu’en Hongrie. Cette tendance se traduit à court terme par une réduction des effectifs et un rétrécissement du secteur, et à long terme par une sélection des exploitations agricoles les plus performantes, dotées de technologies modernes et de relations commerciales solides.


Secteur agricole – Base de connaissances : Pressions structurelles sur l’élevage bovin – L’élevage bovin est de plus en plus soumis à des pressions économiques et organisationnelles en Europe. Des besoins importants en investissements et en main-d’œuvre, des cycles de production longs, des risques sanitaires et l’évolution de la demande des consommateurs rendent la rentabilité difficile, tandis que des secteurs plus efficaces et à croissance plus rapide, comme l’aviculture, offrent une alternative attrayante, entraînant une réduction des cheptels et une transformation structurelle.

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