Publié le 22 octobre 2025 11h46. Des chercheurs canadiens ont démontré que l’entraînement cognitif régulier peut stimuler la production d’un neurotransmetteur essentiel et potentiellement atténuer les effets du vieillissement sur le cerveau, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies pour préserver les fonctions cognitives.
- L’entraînement cognitif ciblé peut augmenter les niveaux d’acétylcholine, un messager chimique crucial pour l’attention et la mémoire.
- Une étude menée sur des participants de plus de 65 ans a révélé une augmentation de 2,3 % des niveaux d’acétylcholine après dix semaines d’exercices mentaux quotidiens.
- Ces résultats suggèrent une possible inversion du déclin cognitif lié à l’âge, équivalant à environ dix ans de recul.
Des recherches récentes menées à Montréal confirment l’impact positif de l’entraînement cognitif sur le cerveau humain. L’étude, dont les résultats ont été publiés, met en évidence la capacité de stimuler la production d’acétylcholine, une substance essentielle à la prise de décision, à la mémoire et à l’apprentissage. Cette molécule tend à diminuer naturellement avec l’âge, contribuant au déclin des fonctions cognitives.
L’étude a porté sur 92 participants en bonne santé, qui ont été répartis en deux groupes : un groupe s’est exercé à des jeux informatiques simples, tandis que l’autre a suivi un programme d’entraînement cognitif scientifiquement validé. Les résultats ont démontré que seule la pratique d’exercices cognitifs structurés entraînait une augmentation significative des niveaux d’acétylcholine, non seulement dans le cortex cingulaire antérieur, mais également dans l’hippocampe, une zone du cerveau cruciale pour la mémoire.
« Même si l’augmentation n’est pas énorme, elle est significative, car on s’attend habituellement à une baisse de 2,5 % par décennie », explique le Dr Étienne de Villers-Sidani, neurologue à l’Université McGill. « Ce changement représente une inversion du déclin lié à l’âge d’environ dix ans. » Ces découvertes ont suscité l’intérêt de la communauté scientifique, y compris celui du Dr Michael Hasselmo, directeur du Center for Systems Neuroscience de l’Université de Boston, qui n’a pas participé à l’étude. Il estime que les résultats sont suffisamment convaincants pour envisager l’intégration de l’entraînement cognitif dans ses propres recherches.
Cette étude, financée par les National Institutes of Health, intervient alors que les programmes d’entraînement cérébral en ligne, tels que Lumosity et BrainHQ, gagnent en popularité. Jusqu’à présent, l’efficacité réelle de ces programmes sur la structure et le fonctionnement du cerveau restait incertaine. Les travaux du Dr de Villers-Sidani et de son équipe apportent une réponse concrète, suggérant que l’entraînement mental peut avoir des effets mesurables sur les neurotransmetteurs clés et, par conséquent, sur les performances cognitives.
Les chercheurs soulignent que l’augmentation des niveaux d’acétylcholine pourrait avoir des effets similaires à ceux de certains médicaments utilisés dans le traitement précoce de la maladie d’Alzheimer, qui visent à soulager les symptômes en stimulant la production de ce neurotransmetteur. Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires, ces résultats ouvrent des perspectives prometteuses pour le développement de stratégies non pharmacologiques visant à préserver la santé cognitive tout au long de la vie.

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