Home Technologie et scienceLes armes nucléaires peuvent sauver la Terre de la destruction. De nouvelles recherches ont vérifié qu’une explosion ne briserait pas un astéroïde métallique, mais le dévierait – VTM.cz

Les armes nucléaires peuvent sauver la Terre de la destruction. De nouvelles recherches ont vérifié qu’une explosion ne briserait pas un astéroïde métallique, mais le dévierait – VTM.cz

by Thomas Caron

Publié le 16 janvier 2024 10h45:00. Des simulations au Cern remettent en question les scénarios catastrophes sur la défense planétaire, suggérant que les astéroïdes métalliques pourraient mieux résister à une explosion nucléaire que prévu, ouvrant de nouvelles perspectives pour la déviation d’objets géocroiseurs.

  • Des chercheurs du Cern ont simulé l’impact d’une explosion nucléaire sur un astéroïde métallique en utilisant un synchrotron à protons.
  • Contre toute attente, le matériau testé s’est renforcé, augmentant sa limite d’élasticité jusqu’à 2,5 fois.
  • Cette découverte pourrait permettre d’envisager l’utilisation de charges nucléaires plus puissantes pour dévier des astéroïdes métalliques, en dernier recours.

Depuis des années, les films de science-fiction mettent en scène des héros déviant des astéroïdes à la dernière minute pour sauver la Terre. En 2022, la Nasa a franchi une étape concrète en guidant avec succès la sonde DART pour qu’elle s’écrase sur l’astéroïde Dimorphos, ouvrant la voie à la technique dite d’impacteur cinétique (déviation de l’impact). Cependant, cette méthode prend du temps et pourrait s’avérer insuffisante face à des objets de grande taille ou se rapprochant rapidement de notre planète.

Une autre option envisagée, souvent considérée comme un dernier recours, est l’explosion nucléaire à proximité d’un astéroïde. Le principal obstacle résidait dans l’incertitude : on ne savait pas comment un astéroïde réagirait à une telle décharge énergétique, ni s’il se fragmenterait en de nombreux éclats dangereux. C’est pourquoi les scientifiques du Cern ont décidé de mener des simulations pour évaluer les risques et les bénéfices potentiels de cette approche.

Au lieu d’utiliser de véritables armes nucléaires, les experts ont employé le HiRadMat, un synchrotron à protons, capable de reproduire fidèlement les conditions extrêmes d’une quasi-explosion. Un cylindre taillé dans une météorite fer-nickel provenant du Champ du Ciel a servi de cobaye. Les chercheurs y ont dirigé 27 impulsions courtes et intenses d’un faisceau de protons d’une énergie de 440 GeV.

L’équipe a ainsi pu simuler les conditions extrêmes et la libération soudaine d’énergie lors d’une explosion nucléaire sans avoir à procéder à une détonation réelle. L’objectif était d’observer en temps réel comment le matériau spatial se déforme sous de tels assauts et s’il peut résister à d’énormes contraintes thermiques.

Les résultats des mesures ont contredit les modèles théoriques existants. Au lieu de la destruction attendue, le matériau testé a affiché un renforcement surprenant. L’analyse a révélé que la limite d’élasticité de la météorite a augmenté jusqu’à 2,5 fois pendant l’expérience.

En d’autres termes, les astéroïdes métalliques pourraient absorber beaucoup plus d’énergie que ce que l’on pensait auparavant. De plus, le matériau a démontré un comportement dit auto-stabilisant, les vibrations s’éteignant rapidement après l’impact, ce qui suggère qu’il pourrait absorber de l’énergie sans se désintégrer en fragments dangereux.

Cette découverte est cruciale pour la défense planétaire. En cas d’urgence extrême, il serait donc possible d’utiliser des charges nucléaires plus puissantes sur des astéroïdes métalliques sans risquer de les pulvériser. Ces résultats remettent sur le devant de la scène l’utilisation des armes nucléaires comme une option viable dans les situations critiques où les méthodes conventionnelles échouent ou lorsqu’un objet de grande taille menace la Terre. Il est toutefois important de souligner que la plupart des astéroïdes sont rocheux et que ces recherches ne les concernent pas directement pour l’instant.

Les chercheurs insistent sur le fait que ces recherches ne préconisent pas l’utilisation systématique d’armes nucléaires. Elles ouvrent simplement une voie techniquement envisageable en dernier recours, soulignant l’importance cruciale d’une connaissance approfondie de la composition des corps célestes pour élaborer des stratégies de défense efficaces.

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