Home Technologie et scienceLes astronomes capturent le moment où une nouvelle planète forme un disque de poussière pour la première fois

Les astronomes capturent le moment où une nouvelle planète forme un disque de poussière pour la première fois

by Thomas Caron

Publié le 15 octobre 2025 06:21:00. Des astronomes ont capturé pour la première fois des images directes de la naissance d’une planète au sein d’un disque de poussière entourant une jeune étoile, offrant un aperçu sans précédent des processus de formation planétaire. Cette découverte, réalisée à 440 années-lumière de la Terre, pourrait révolutionner notre compréhension de la genèse des systèmes solaires.

  • Pour la première fois, des scientifiques ont observé directement la formation d’une planète en temps réel.
  • La planète en formation, située autour de l’étoile HD 135344B, a une masse estimée à deux fois celle de Jupiter.
  • L’instrument infrarouge ERIS, installé sur le Very Large Telescope (VLT), a permis cette observation cruciale.

L’équipe d’astronomes a utilisé le Very Large Telescope (VLT) de l’Observatoire européen austral (ESO) et son instrument infrarouge ERIS pour observer ce phénomène rare. Les données recueillies révèlent un signal lumineux et dense, apparaissant au sein d’une des spirales du disque de poussière entourant la jeune étoile HD 135344B, située dans la constellation du Scorpion, à environ 440 années-lumière de notre planète. Ce signal est interprété comme la signature d’une planète en cours de formation, encore en train d’accumuler de la matière.

« Nous ne pourrons jamais assister à la formation de la Terre, mais ici, autour d’une jeune étoile à 440 années-lumière, nous pourrions observer directement la formation d’une planète », a déclaré Francesco Maio de l’Université de Florence, auteur principal de l’étude, cité dans un article sur Terre. Cette observation directe est une avancée majeure, car elle permet d’étudier les mécanismes de formation planétaire avec un niveau de détail inédit.

La planète en formation se trouve à environ 4,5 milliards de kilomètres de son étoile hôte, une distance comparable à celle de Neptune par rapport au Soleil. Sa masse est estimée à deux fois celle de Jupiter, ce qui lui confère une influence gravitationnelle suffisante pour structurer le gaz et la poussière environnants, créant ainsi les bras spiraux visibles dans le disque protoplanétaire.

Selon Francesco Maio, désormais à l’Observatoire d’astrophysique Arcetri en Italie, cette détection est particulièrement significative car elle permet d’observer directement le signal protoplanétaire, même s’il est intégré au disque. « Cela nous donne un niveau de confiance beaucoup plus élevé dans l’existence de la planète, car nous observons la lumière de la planète elle-même », a-t-il précisé.

L’image en spirale autour de HD 135344B avait été initialement observée en 2018 grâce à l’instrument SPHERE, qui avait déjà révélé des motifs distinctifs suggérant l’influence gravitationnelle d’une planète en formation. Les nouveaux résultats obtenus avec ERIS confirment désormais l’existence de cette planète et fournissent la preuve la plus solide à ce jour de sa formation active au sein du disque.

L’instrument ERIS a également été utilisé pour étudier une autre étoile, V960 Mon, qui a connu une augmentation soudaine de luminosité en 2014 et appartient à la rare classe des étoiles FU Orionis. Les observations révèlent que le disque entourant V960 Mon est rempli de spirales et de concentrations de matière denses, résultant d’instabilités gravitationnelles qui pourraient conduire à la formation de planètes géantes gazeuses ou de naines brunes.

« Des études précédentes avaient montré la présence de matière instable, mais on ne savait pas ce qui se passait ensuite. Avec ERIS, nous avons cherché des fragments brillants et denses qui indiqueraient la présence d’un compagnon dans le disque, et nous l’avons trouvé », a déclaré Anuroop Dasgupta de l’ESO, qui a dirigé l’équipe d’observation sur V960 Mon.

Ces découvertes, réalisées dans ces deux jeunes systèmes stellaires, apportent de nouvelles informations cruciales sur le processus de formation des planètes. L’étude de HD 135344B illustre un stade où le disque est suffisamment stable pour permettre à une seule planète massive de sculpter une spirale, tandis que l’observation de V960 Mon suggère la possibilité d’une formation planétaire par effondrement gravitationnel rapide.

Grâce à la sensibilité infrarouge d’ERIS et au soutien de télescopes comme ALMA, les astronomes peuvent désormais étudier plus en détail la structure du gaz et de la poussière autour des jeunes étoiles. À l’avenir, une nouvelle génération de télescopes géants, comme l’Extremely Large Telescope (ELT), dont l’entrée en service est prévue à la fin des années 2020, devrait permettre de détecter des planètes plus petites et de mesurer leurs masses avec une précision accrue.

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