Face à une intensification des frappes ukrainiennes sur ses infrastructures énergétiques, la Russie renforce ses dispositifs de défense et élargit ses possibilités de mobilisation. Deux nouvelles lois, signées mardi par Vladimir Poutine, visent à protéger le territoire et à pallier les pertes militaires persistantes.
Les attaques de drones ukrainiens contre les raffineries de pétrole russes se multiplient, perturbant l’approvisionnement et l’économie du pays. Mardi soir, une raffinerie dans la région de Nijni Novgorod, près de la ville de Kstovo, a été visée, à plus de 750 kilomètres de la frontière ukrainienne. Kiev cherche ainsi à affaiblir la capacité de la Russie à poursuivre son offensive, en limitant ses revenus liés à l’exportation de carburants et en faisant grimper les prix à la pompe. Des mesures de rationnement du carburant ont d’ores et déjà été mises en place dans certaines régions.
Pour contrer cette menace, le Kremlin a annoncé que les réservistes russes pourraient désormais être déployés pour la protection des infrastructures critiques. La Russie compterait environ deux millions de réservistes, dont certains pourraient être affectés à la surveillance des raffineries. Cependant, la portée des drones ukrainiens, qui peuvent être lancés depuis le territoire russe, complique la mise en œuvre d’une protection efficace.
La seconde loi, potentiellement plus significative, autorise la convocation de conscrits tout au long de l’année, alors qu’elle était jusqu’à présent limitée aux périodes de printemps et d’automne. Moscou affirme que les conscrits ne sont pas engagés dans « l’opération spéciale en Ukraine », mais en pratique, leur participation a déjà été observée, notamment lors des affrontements dans la région de Koursk. Cette nouvelle mesure pourrait permettre à Poutine de compenser les pertes militaires subies par la Russie.
Selon des sources, une grande partie des 300 000 réservistes mobilisés en 2022 étaient d’anciens militaires. En facilitant l’enrôlement des conscrits, la Russie dispose désormais d’un vivier de personnel plus large pour faire face aux besoins de la guerre.
Les autorités russes reconnaissent les difficultés économiques engendrées par les attaques, mais assurent que la situation reste « sous contrôle et stable ».
À retenir
- La Russie renforce la protection de ses infrastructures énergétiques face aux frappes ukrainiennes.
- Les réservistes russes pourront être déployés pour assurer cette protection.
- La mobilisation des conscrits est désormais possible toute l’année.
Contexte
Depuis le début de la guerre en Ukraine, les infrastructures énergétiques russes sont devenues des cibles privilégiées des forces ukrainiennes. Ces attaques visent à affaiblir la capacité de la Russie à financer et à mener son offensive.
Ce qui change
Les nouvelles lois russes modifient les règles de mobilisation et de déploiement des forces armées, permettant une réponse plus flexible et potentiellement plus importante aux menaces sur le territoire russe.
Prochaines étapes
Il sera crucial de surveiller l’impact de ces nouvelles lois sur le déroulement de la guerre en Ukraine, notamment en termes de pertes militaires et de capacité de la Russie à maintenir son effort de guerre.
Chiffres clés
| Nombre de réservistes russes | 2 millions |
| Distance de la frappe de Nijni Novgorod de la frontière russo-ukrainienne | Plus de 750 kilomètres |
| Nombre de réservistes mobilisés en 2022 | 300 000 |
Pour aller plus loin
