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Les banques fantômes et les risques pour les marchés financiers – Actualités

Publié le 6 novembre 2025 à 05h42. Les banques parallèles, ces acteurs financiers opérant en dehors des réglementations traditionnelles, connaissent une croissance fulgurante et suscitent de vives inquiétudes quant à leur impact potentiel sur la stabilité des marchés…

Les banques fantômes et les risques pour les marchés financiers – Actualités

Publié le 6 novembre 2025 à 05h42. Les banques parallèles, ces acteurs financiers opérant en dehors des réglementations traditionnelles, connaissent une croissance fulgurante et suscitent de vives inquiétudes quant à leur impact potentiel sur la stabilité des marchés financiers.

  • Le secteur des banques parallèles représente un volume colossal, estimé entre 60 et 70 000 milliards de dollars (environ 55 600 à 64 400 milliards d’euros).
  • Ces institutions, qui incluent des fonds spéculatifs, des fonds monétaires et des sociétés d’affacturage, financent des projets que les banques classiques jugent trop risqués.
  • Les autorités financières internationales mettent en garde contre les risques liés à la prise de liquidité et à l’absence de supervision de ces acteurs.

Les banques parallèles, également appelées « shadow banks » en anglais, sont des entités financières qui proposent des services similaires à ceux des banques traditionnelles – notamment le crédit – mais sans être soumises aux mêmes règles prudentielles. Elles se financent principalement grâce aux investissements d’acteurs institutionnels tels que les compagnies d’assurance, les fonds de pension et les particuliers fortunés, plutôt que par les dépôts des clients.

Leur activité consiste à accorder des prêts aux entreprises, aux start-up, aux projets immobiliers ou aux centres commerciaux, et à investir dans des produits financiers complexes. En acceptant des risques plus élevés que les banques classiques, elles peuvent offrir des rendements potentiellement plus importants à leurs investisseurs. Cependant, cette prise de risque accrue s’accompagne d’une vulnérabilité particulière en cas de crise.

Le cas Blackstone



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Le fonds immobilier américain Blackstone gère plus de 100 milliards de dollars. En 2023, face à une demande massive de retraits de la part de ses investisseurs, la société a dû suspendre temporairement les remboursements. Une situation impensable pour une banque traditionnelle.

L’expansion rapide de ce secteur non réglementé est perçue comme une menace majeure pour la stabilité financière mondiale. Le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et les ministères des Finances de plusieurs pays tirent la sonnette d’alarme. Jamie Dimon, PDG de JP Morgan, a même déclaré en 2024 qu’il existait « beaucoup de cafards » dans le secteur du crédit privé, soulignant les risques cachés qui y sont associés.

La panique de 2020



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Le choc financier de mars 2020, au début de la pandémie de coronavirus, a illustré les fragilités de ce système. En quelques jours, les investisseurs ont retiré plus de 125 milliards de dollars des fonds monétaires, considérés comme des placements sûrs. Ces fonds, incapables de faire face à ces demandes de remboursement immédiates, ont dû vendre leurs actifs à perte. La Réserve fédérale américaine a dû intervenir d’urgence pour éviter un effondrement généralisé.

Le principal risque réside dans le décalage entre la durée des prêts accordés par les banques parallèles et la possibilité pour les investisseurs de récupérer leur capital à court terme. Une vague de retraits massifs pourrait contraindre ces institutions à vendre leurs actifs en urgence, entraînant des pertes importantes et un effet domino sur l’ensemble du système financier.

Croissance aux États-Unis



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Aux États-Unis, le secteur des banques parallèles a connu une croissance plus rapide que les institutions financières traditionnelles. Selon un récent rapport de la Banque des règlements internationaux (BRI) de Bâle, son volume a doublé depuis la crise financière de 2007/2008. Aujourd’hui, la BRI estime qu’environ 75 % des actifs financiers du plus grand marché financier mondial sont détenus par des établissements non bancaires.

Face à ces risques, les organisations internationales et les autorités financières réclament une réglementation plus stricte des banques parallèles. L’objectif est d’accroître la transparence, de limiter la prise de risque et de garantir la stabilité du système financier. De nouvelles réglementations sont en cours d’élaboration au sein de l’Union européenne, visant à imposer aux fonds une plus grande transparence et une meilleure liquidité. Les États-Unis envisagent également des mesures similaires. La pression pour agir s’intensifie.

Bâtiments avec lettrage BlackRock et drapeaux américains.
Légende:
BlackRock est considérée comme la plus grande banque fantôme au monde. Le groupe américain gère des investissements d’une valeur de près de 13 500 milliards de dollars.
Photo AP / Mark Lennihan

La plus grande banque fantôme au monde



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Le groupe américain BlackRock, avec un volume d’investissement de près de 13 500 milliards de dollars américains, est considéré comme la plus grande banque fantôme au monde. La BCE et le FMI la considèrent comme une entité « d’importance systémique », car ses décisions de vente peuvent influencer des marchés entiers.

Les critiques pointent du doigt des conflits d’intérêts potentiels : BlackRock conseille les gouvernements en matière de réglementation tout en investissant dans des entreprises concernées par ces mêmes règles. Des organisations non gouvernementales dénoncent également le manque de transparence et l’énorme pouvoir de marché exercé sans supervision bancaire.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.