Home SantéLes conseillers du CDC retardent le vote prévu sur le vaccin contre l’hépatite B pour les nourrissons : coups de feu

Les conseillers du CDC retardent le vote prévu sur le vaccin contre l’hépatite B pour les nourrissons : coups de feu

by Sophie Martin

Publié le 5 décembre 2025 à 09h37. Les recommandations concernant la vaccination universelle contre l’hépatite B des nouveau-nés ont été reportées de manière inattendue par un comité consultatif des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), suite à des désaccords et une confusion concernant les termes du vote.

  • Les conseillers du CDC ont renvoyé le vote sur la modification de la recommandation actuelle de vaccination universelle contre l’hépatite B à vendredi.
  • La réunion du comité a été marquée par des conflits et un chaos inhabituels, notamment des critiques sur le processus de formulation des questions de vote.
  • Le report intervient dans un contexte de remise en question plus large de la politique vaccinale aux États-Unis, avec des inquiétudes concernant l’influence de nouveaux membres nommés au comité.

Les conseillers en vaccination des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) ont annoncé jeudi le report inattendu d’un vote crucial concernant la modification de la recommandation actuelle de vaccination universelle des nouveau-nés contre l’hépatite B. La confusion et les divergences d’opinions sur la formulation des questions de vote ont conduit le Comité consultatif sur les pratiques d’immunisation (ACIP) à reporter la décision à vendredi.

La réunion du comité a été particulièrement agitée, marquée par des tensions et un manque de consensus. Le Dr Joseph Hibbeln, psychiatre et membre votant du comité, a exprimé son mécontentement :

« C’est la troisième version des questions que nous recevons en 72 heures, et nous essayons d’évaluer une cible mouvante. Je proteste contre l’affirmation selon laquelle les membres de l’ACIP ont été consultés lors de l’élaboration de ces questions. »

Le vote initial visait à mettre fin à la recommandation de vacciner systématiquement tous les nouveau-nés en bonne santé contre l’hépatite B, que la mère soit positive ou négative pour le virus. Cependant, la formulation du vote a été modifiée à plusieurs reprises, suscitant des inquiétudes parmi certains membres du groupe qui souhaitaient avoir plus de temps pour l’examiner attentivement.

La recommandation actuelle vise à garantir qu’aucun nourrisson à risque ne soit oublié et à conférer une protection à vie contre le virus de l’hépatite B, qui peut entraîner de graves problèmes de santé, voire mortels. Cette stratégie est au cœur d’un programme de plusieurs décennies visant à éliminer l’hépatite B aux États-Unis.

L’hépatite B, généralement transmise par contact sexuel et par la consommation de drogues, peut être transmise de la mère à l’enfant pendant l’accouchement et, pendant la petite enfance, par contact avec les fluides corporels d’une personne infectée, comme le sang. Le virus attaque le foie et une infection chronique peut entraîner un cancer du foie, une cirrhose et la mort. Les risques de ces complications sont considérablement plus élevés chez les personnes infectées dès leur naissance. Il n’existe actuellement aucun remède.

Lors des débats de jeudi, une division marquée est apparue entre les participants, certains plaidant pour une modification de la recommandation et d’autres s’y opposant fermement. La Dre Tracy Beth Høeg, représentante de la Food and Drug Administration (FDA), a remis en question la nécessité de la politique universelle actuelle :

« Pour les bébés nés sans facteurs de risque élevés, sans mère porteuse de l’antigène, sans membre de la famille atteint d’hépatite B, le bénéfice potentiel est si faible. Pourquoi insister sur l’administration de cette dose à la naissance, alors que les pays à revenus élevés du monde entier ne le font pas ? »

Le Dr Cody Meissner, professeur de pédiatrie à la Geisel School of Medicine de Dartmouth, a défendu la politique actuelle, affirmant que la maladie avait considérablement diminué grâce à l’efficacité du programme de vaccination en cours. Lorsqu’un autre conseiller, Robert Malone, vaccinologue et biochimiste, l’a invité à considérer cette affirmation comme une simple « opinion », il a répondu :

« Ce sont des faits, Robert. »

Les agents de liaison, sans droit de vote, représentant les groupes professionnels de la santé, ont également exprimé leur inquiétude quant au processus, qui s’écarte des pratiques habituelles de l’ACIP. Le Dr Jason Goldman, agent de liaison pour l’American College of Physicians, a déclaré :

« En tant que médecins, votre obligation éthique est de ‘d’abord ne pas nuire’ et vous échouez en promouvant ce programme anti-vaccin sans les données et les preuves nécessaires pour prendre ces décisions éclairées. Votre rôle en tant que comité est d’examiner l’ensemble des risques, des avantages, des préjudices et de l’équité, ce que vous n’avez pas fait. »

Ce report alourdit l’agenda de vendredi. Outre le vote sur la modification de la politique relative à l’hépatite B, le comité devra discuter de la comparaison entre le calendrier vaccinal américain et celui d’autres pays, ainsi que des liens potentiels entre l’aluminium – un ingrédient utilisé dans plus d’une douzaine de vaccins pour améliorer leur efficacité – et l’asthme.

La plupart des professionnels de la santé affirment qu’il n’existe aucune preuve solide que les adjuvants à base d’aluminium soient dangereux et qu’ils ne posent pas de problème majeur. Cependant, de nombreux experts en santé publique craignent que les actions entreprises cette semaine ne fassent partie d’un effort concerté visant à compromettre l’accès aux vaccins aux États-Unis.

Le comité consultatif du CDC exerce une influence considérable, car ses recommandations déterminent la manière dont les médecins vaccinent les patients et si les compagnies d’assurance prennent en charge les coûts des vaccins. Cependant, le comité a perdu la confiance de nombreux groupes médicaux traditionnels depuis que Robert F. Kennedy Jr. a remplacé ses membres en juin par sa propre liste. Le comité a également abandonné les collaborations de longue date avec des organisations médicales telles que l’American Academy of Pediatrics et s’appuie moins sur l’expertise des spécialistes du CDC.

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