Publié le 2025-11-19 13:15:00. Accusé de liens avec le narcotrafic par Washington, le président colombien Gustavo Petro a rendu publiques ses finances personnelles, une démarche qui a révélé des dépenses suscitant la controverse, notamment des achats de luxe et une visite dans un club de strip-tease.
- Gustavo Petro a publié ses relevés financiers en réponse aux sanctions et accusations du gouvernement américain.
- L’analyse de ses dépenses révèle des achats de luxe en Europe et un paiement effectué dans un club de strip-tease à Lisbonne.
- Des retraits d’espèces importants ont été effectués par des proches du président, soulevant des questions.
Le président colombien Gustavo Petro a choisi de lever le voile sur sa situation financière après avoir été visé par des sanctions du Bureau de Contrôle des Biens Étrangers (OFAC) des États-Unis. Washington l’accuse de maintenir des liens avec le narcotrafic, des allégations que Petro rejette avec force. Ces mesures ont eu des conséquences concrètes, allant du blocage de ses comptes bancaires au refus de carburant pour son avion lors d’une escale au Cap-Vert.
L’ancien président américain Donald Trump avait qualifié Petro de « leader du narcotrafic ». En réponse, le président colombien a annoncé sur le réseau social X qu’il publierait l’intégralité de ses mouvements financiers et a demandé que les enquêtes soient étendues aux années précédant son accession à la présidence. Cette transparence forcée, perçue par certains analystes comme une tentative de redorer son blason, a eu un effet boomerang.
Le rapport détaillé, élaboré par l’Unité d’Information et d’Analyse Financière (UIAF), couvre la période allant de janvier 2023 à juin 2025. Sur ses douze comptes bancaires, seuls deux présentent une activité significative : un compte chez Scotiabank, utilisé pour le remboursement de l’hypothèque de sa maison à Chía, et un autre chez BBVA, où se concentrent la majorité de ses opérations personnelles. Les revenus de Petro s’élèvent à 1,310 million de pesos colombiens (environ 350 000 dollars américains) sur cette période, provenant essentiellement de son salaire présidentiel. Ses dépenses, en revanche, dépassent les 1,400 million de pesos (environ 380 000 dollars américains), entraînant un léger déficit.
L’examen des dépenses révèle des achats de luxe lors d’un voyage officiel au Portugal en mai 2023, avec une facture de 5,2 millions de pesos (environ 1 400 dollars américains) chez Gucci. Un an plus tard, il a dépensé 2,1 millions de pesos (environ 560 dollars américains) dans la boutique italienne Casa dei Tessuti. Mais c’est un paiement de 209 000 pesos (environ 50 dollars américains) effectué au Menage Strip Club, un club de strip-tease à Lisbonne, qui a suscité l’indignation. Le club se décrit lui-même comme un lieu où « les filles les plus attirantes sont prêtes à satisfaire vos désirs ».
L’UIAF a également détecté des retraits en espèces totalisant plus de 756 millions de pesos (environ 200 000 dollars américains), effectués par trois personnes de son entourage proche : Jesusita Quirós, Laura Sarabia et Angie Rodríguez. Des transferts récurrents ont également été observés vers Ingrid Plata, amie de la Première Dame Verónica Alcocer, qui a reçu cinq millions de pesos (environ 1 300 dollars américains) en juin dernier.
Bien que l’UIAF précise que « les informations disponibles ne permettent pas de conclure à un lien avec des activités criminelles », ces chiffres ont alimenté de nouveaux soupçons en Colombie. Face à la polémique, Petro a réagi sur les réseaux sociaux, défendant son honnêteté et contestant les accusations portées par Donald Trump et les médias.
« La grande question est : pouvez-vous prouver que mes dépenses dépassent mon salaire et les revenus de droits d’auteur de mon livre ? (…) Ne vous semble-t-il pas grave que mes comptes bancaires contredisent l’évaluation du président Trump sur un président démocratiquement élu par les Colombiens ? Est-il possible qu’un chef du narcotrafic paie sa maison pendant déjà 14 ans à la banque sans qu’aucune autre propriété n’apparaisse ? Ne trouvez-vous pas étrange que je ne dépense que ce que je gagne avec mon salaire ? »
Gustavo Petro, Président de la Colombie
Le président cherche à transformer ces accusations en un débat public, se présentant comme une victime d’une offensive politique internationale. Cependant, sa tentative de prouver son innocence a paradoxalement mis en lumière un portrait financier mêlant remboursement d’hypothèque, achats de luxe en Europe et une soirée dans un club de strip-tease. Reste à savoir si ces données privées influenceront la position du président américain et le désengageront d’une potentielle implication dans le narcotrafic en Colombie. La stratégie de Petro est incertaine et pourrait relancer les discussions sur les réseaux sociaux concernant sa personne.
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