Publié le 30 juillet 2023. Une frappe aérienne menée par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a visé le port de Mukalla, dans le sud du Yémen, après que Ryad a accusé les Émirats arabes unis de soutenir une rébellion séparatiste et a exigé le retrait de leurs troupes dans les 24 heures. Les Émirats ont annoncé par la suite le retrait de leurs forces restantes du pays.
- L’Arabie saoudite a accusé les Émirats arabes unis de soutenir le Conseil de transition du Sud (CTS), un groupe séparatiste yéménite, et de menacer sa sécurité nationale.
- Les Émirats arabes unis ont annoncé qu’ils mettaient fin à leur mission antiterroriste au Yémen, tout en maintenant un soutien spécialisé à leurs partenaires internationaux.
- Les tensions entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, autrefois alliés dans la coalition contre les Houthis, s’intensifient, soulevant des inquiétudes quant à la stabilité du Yémen.
La coalition dirigée par l’Arabie saoudite a mené des frappes ciblées sur le port de Mukalla, dans la province de Hadramawt, en raison de ce qu’elle décrit comme un soutien militaire étranger aux séparatistes. Selon un porte-parole de la coalition, deux navires en provenance du port émirati de Fujairah sont entrés dans le port de Mukalla les 27 et 28 juillet sans autorisation, désactivant leurs systèmes de suivi et déchargeant des armes et des véhicules de combat destinés à renforcer le CTS.
L’Arabie saoudite a accusé les Émirats arabes unis d’inciter le CTS à avancer vers la frontière saoudienne, qualifiant cela de menace à sa sécurité nationale, une « ligne rouge » selon Ryad. Le président du Conseil présidentiel yéménite, soutenu par l’Arabie saoudite, a déclaré dans un discours télévisé que les Émirats arabes unis avaient donné l’ordre au CTS de se rebeller contre le gouvernement et d’affaiblir l’autorité de l’État par une escalade militaire. Il a également annoncé la fin de l’accord de défense entre les deux pays et a accusé les Émirats d’attiser le conflit interne au Yémen.
Les Émirats arabes unis ont réagi en affirmant que le navire transportait du matériel destiné à leurs propres forces et en se déclarant ouverts à une solution pour désamorcer les tensions. Ils ont également annoncé la fin de leur mission antiterroriste au Yémen, qui avait été maintenue après le retrait de leur armée en 2019. Le ministère de la Défense émirati a précisé que cette mission se limiterait désormais à un personnel spécialisé travaillant avec des partenaires internationaux dans le cadre de ses « efforts antiterroristes ».
Cette escalade intervient alors que les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, bien qu’alliés dans la lutte contre les Houthis depuis 2015, ont vu leurs intérêts diverger ces dernières années. Le retrait des troupes émiraties pourrait apaiser les tensions à court terme, mais l’avenir de leur soutien au CTS reste incertain.
Plusieurs pays du Golfe, dont le Koweït et Bahreïn, ont exprimé leur soutien aux efforts visant à renforcer le dialogue et à parvenir à une solution politique au Yémen. Le Qatar a souligné que la sécurité de l’Arabie saoudite et des autres États du Golfe était « indissociable » de sa propre sécurité.
Le Département d’État américain a indiqué que le secrétaire d’État Antony Blinken avait discuté des tensions au Yémen et d’autres questions de sécurité régionale avec les ministres des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.
Les médias d’État saoudiens n’ont fait état d’aucune victime ni de dommages collatéraux suite à l’attaque du port de Mukalla. Reuters n’a pas pu vérifier de manière indépendante l’étendue des dégâts.
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