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Les journaux américains intentent une action en justice contre Perplexity | Justice

by Amélie Bernard

Publié le 5 décembre 2025 à 19h04. Les grands journaux américains passent à l’offensive contre Perplexity, une entreprise d’intelligence artificielle, l’accusant de violer leurs droits d’auteur en utilisant leur contenu sans autorisation pour alimenter son moteur de recherche conversationnel.

  • Le New York Times et le Chicago Tribune ont intenté des actions en justice contre Perplexity.
  • Les journaux dénoncent une pratique de « grattage » de données non autorisée et une reproduction parfois mot pour mot de leurs articles.
  • Ces litiges s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions entre les médias et les entreprises d’IA concernant la juste compensation pour l’utilisation de contenus protégés.

La relation entre le journalisme et l’intelligence artificielle (IA) est devenue conflictuelle, et la situation s’est envenimée aux États-Unis. Le New York Times et le Chicago Tribune ont décidé de porter l’affaire devant les tribunaux, affirmant qu’ils ne consentiront pas à alimenter gratuitement les modèles d’IA et qu’ils défendront leurs droits d’auteur.

Dans le cas du New York Times, l’accusation porte sur une utilisation abusive persistante du contenu du journal par Perplexity. Selon le quotidien, Perplexity a ignoré les avertissements formels lui demandant de cesser cette pratique, maintenant un accès non autorisé à ses fichiers et refusant de négocier un accord commercial. Une autre entreprise, Flare, avait déjà accusé Perplexity d’extraire des données sans autorisation.

Un « aspirateur » numérique à la recherche de données

Pour comprendre les enjeux, il est important de savoir que les journaux accusent Perplexity de recourir au « grattage » (en anglais, scraping) – une technique consistant à utiliser un programme informatique pour parcourir Internet et collecter des données sur les sites web. Ce processus sert deux objectifs principaux : former de grands modèles de langage (LLM), qui permettent aux chatbots d’apprendre à interpréter les informations et à générer des réponses en temps réel pour les utilisateurs.

Le problème, soulignent les plaignants, réside dans la manière dont ces contenus sont réutilisés. Le New York Times affirme que les produits de Perplexity reproduisent parfois des articles « mot pour mot ». Le lecteur reçoit ainsi l’intégralité du texte via la plateforme d’IA, ce qui l’empêche de visiter le site web original et prive les médias de leurs revenus publicitaires ou d’abonnement, essentiels au financement de la production journalistique.

Des « hallucinations » qui nuisent à la crédibilité

Un autre point sensible concerne la crédibilité des médias. Le New York Times affirme que Perplexity compromet sa réputation en attribuant de fausses informations générées par l’IA elle-même. Ce phénomène, connu sous le nom de « hallucinations », se produit lorsque la machine invente des faits, mais cite le journal comme source, induisant ainsi le lecteur en erreur et érodant la confiance dans l’institution.

Le Chicago Tribune va dans le même sens et amplifie l’ampleur du problème. La publication affirme que la technologie a illégalement copié « des millions » d’articles, de vidéos et d’images, produisant des résultats « identiques ou substantiellement similaires » au matériel protégé par le droit d’auteur.

Ces litiges s’ajoutent à d’autres affaires judiciaires qui redéfinissent le cadre juridique d’Internet. Le New York Times a déjà intenté une action en justice contre OpenAI et Microsoft, avec des accusations similaires à celles désormais dirigées contre Perplexity. L’affaire est toujours en cours.

Cependant, les tribunaux ne sont pas la seule voie possible. En coulisses, des accords de licence sont déjà conclus, permettant aux entreprises technologiques d’accéder aux fichiers d’actualités moyennant des frais. Le New York Times a lui-même signé un accord avec Amazon cette année, estimé à environ 25 millions de dollars par an (environ 23 millions d’euros), ce qui montre qu’il existe une marge de négociation et que la propriété intellectuelle reste un actif précieux.

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