Home SantéLes nanoparticules offrent un nouvel espoir pour traiter les maladies du foie liées à l’alcool

Les nanoparticules offrent un nouvel espoir pour traiter les maladies du foie liées à l’alcool

by Sophie Martin

Publié le 18 octobre 2025 03:56:00. Une équipe de chercheurs américains a développé une nouvelle thérapie prometteuse, basée sur des nanoparticules, pour lutter contre les maladies hépatiques liées à l’alcool, un problème de santé publique en pleine expansion à l’échelle mondiale.

  • Plus de 1,5 milliard de personnes dans le monde souffrent d’une maladie chronique du foie.
  • Aux États-Unis, les maladies hépatiques sont la neuvième cause de décès, avec plus de 52 000 décès par an.
  • Cette nouvelle approche thérapeutique cible spécifiquement les cellules de Kupffer, des cellules immunitaires du foie, pour réduire l’inflammation et la fibrose.

Les maladies hépatiques chroniques, qui affectent plus d’1,5 milliard de personnes à travers le monde, représentent un défi majeur pour la santé publique. Aux États-Unis, elles sont responsables de plus de 52 000 décès chaque année, plaçant cette pathologie au neuvième rang des causes de mortalité, selon les Centers for Disease Control and Prevention. Malgré cette ampleur, la recherche médicale se concentre encore trop peu sur les maladies hépatiques liées à l’alcool (ARLD), constate le Dr Jyothi Menon, chercheuse à l’Université Texas A&M.

« Les maladies du foie augmentent rapidement dans le monde et il existe un risque important qu’elles évoluent lentement vers des conditions plus dangereuses comme le cancer », explique Menon, professeure agrégée au Département de génie biomédical.

« Être capable d’utiliser nos technologies pour développer des solutions efficaces contre cette progression est ce qui me motive et ce qui motive cette recherche. »

Jyothi Menon, professeure agrégée au Département de génie biomédical

Les traitements actuels des ARLD reposent principalement sur l’abstinence alcoolique et des médicaments anti-inflammatoires. L’équipe du Dr Menon, en collaboration avec l’Université de Rhode Island, propose une approche plus précise. Ils ont mis au point des nanoparticules, des structures microscopiques mille fois plus petites qu’un diamètre de cheveu humain. Ces nanoparticules, sûres et biodégradables, sont capables de cibler et de se fixer aux cellules hépatiques endommagées, contribuant ainsi à freiner la progression de la maladie.

Dans un foie sain, les cellules de Kupffer, des cellules immunitaires, jouent un rôle essentiel dans la protection de l’organe contre les infections et les substances nocives. Elles produisent également des protéines qui favorisent une réponse anti-inflammatoire. Cependant, dans le cas des maladies hépatiques chroniques, lorsque les lésions s’aggravent, cette capacité d’auto-réparation est compromise. Les cellules de Kupffer, au lieu de protéger le foie, commencent à libérer des signaux qui amplifient l’inflammation et encouragent la formation de tissu cicatriciel, un processus appelé fibrose.

Les nanoparticules développées par l’équipe du Dr Menon visent à interrompre ce cercle vicieux. Leur surface est conçue pour reconnaître et se lier spécifiquement à une protéine présente uniquement sur les cellules de Kupffer, évitant ainsi d’affecter d’autres types de cellules hépatiques. En activant cette protéine, les nanoparticules favorisent une réponse anti-inflammatoire bénéfique au sein des cellules de Kupffer, réduisant ainsi l’inflammation et la fibrose. De plus, lors de leur dégradation, elles libèrent des thérapies anti-inflammatoires directement au niveau des cellules qui en ont le plus besoin.

« Au lieu de nous attaquer aux cellules qui produisent le tissu cicatriciel, nous agissons en amont et ciblons les cellules de Kupffer elles-mêmes afin de les empêcher de stimuler d’autres cellules du foie et de provoquer cette progression de la fibrose », précise le Dr Menon.

L’efficacité de cette approche combinée est remarquable.

« Les composants individuels n’ont pas eu à eux seuls un grand effet thérapeutique. Mais lorsque nous avons donné notre formulation finale avec tout ce qui était combiné, cela a réduit l’inflammation et la formation de gouttelettes lipidiques dues à l’accumulation de graisse dans le foie. C’est la combinaison de toutes ces choses qui a réellement eu un effet. »

Jyothi Menon, professeure agrégée au Département de génie biomédical

Le développement de cette thérapie n’a pas été sans difficultés. L’équipe du Dr Menon étant parmi les premières à explorer cette voie, elle n’avait que peu de données de référence.

« En tant que l’un des premiers groupes à aborder quelque chose comme cela en utilisant des systèmes d’administration de médicaments à base de nanoparticules, il n’existait aucune sorte de littérature antérieure pour nous aider à comprendre quels obstacles pourraient exister lorsque nous avons entrepris cette recherche. La première fois que nous avons pu confirmer que ces particules pouvaient cibler les cellules de Kupffer, c’était très excitant pour nous. »

Jyothi Menon, professeure agrégée au Département de génie biomédical

Bien que les recherches actuelles se concentrent sur les maladies hépatiques liées à l’alcool, le potentiel de cette technologie à base de nanoparticules est bien plus vaste. Elle pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements pour de nombreuses pathologies inflammatoires et fibrotiques touchant divers organes.

« Ce que nous avons généré est un travail préliminaire très prometteur qui montre que cette formulation peut cibler sélectivement une population cellulaire spécifique du foie pour administrer des thérapies et peut potentiellement avoir un impact significatif sur le traitement de l’ARLD chronique », conclut le Dr Menon. « Nos formulations sont polyvalentes et peuvent donc être adaptées ou modifiées pour traiter d’autres types d’inflammation et de fibrose dans d’autres organes. »

Source:

Référence du journal :

Unagolla, JM, et al. (2025). A novel Kupffer cell-targeting nanoparticle system for mitigating alcohol-associated liver disease. Biomaterials. doi.org/10.1016/j.biomaterials.2025.123623

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