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Les polluants marins perturbent la production d’énergie cellulaire chez les oiseaux marins

Pollution marine : des perturbateurs chimiques à l'œuvre dans les cellules des oiseaux de mer Linosa, Italie – Une nouvelle étude révèle que des polluants omniprésents, comme le mercure et certains composés PFAS, perturbent le fonctionnement cellulaire des…

Les polluants marins perturbent la production d’énergie cellulaire chez les oiseaux marins

Pollution marine : des perturbateurs chimiques à l’œuvre dans les cellules des oiseaux de mer

Linosa, Italie – Une nouvelle étude révèle que des polluants omniprésents, comme le mercure et certains composés PFAS, perturbent le fonctionnement cellulaire des oiseaux de mer sauvages, avec des conséquences potentielles sur leur santé et leur survie. Les résultats, publiés dans la revue Environment & Health, se concentrent sur les puffins de Scopoli nichant sur l’île volcanique de Linosa, au large de la Sicile.

Les chercheurs ont découvert que ces contaminants affectent les mitochondries, véritables centrales énergétiques des cellules, responsables de la production d’énergie nécessaire aux activités vitales comme le vol et la reproduction. Dans les océans, le mercure se transforme en méthylmercure, une forme particulièrement toxique qui s’accumule dans la chaîne alimentaire, atteignant des concentrations maximales chez les prédateurs supérieurs. Les PFAS, surnommés « produits chimiques éternels » en raison de leur persistance dans l’environnement, sont présents dans de nombreux produits de consommation courante (ustensiles de cuisine antiadhésifs, tissus imperméables) et continuent de s’accumuler malgré les efforts de régulation.

L’équipe internationale, dirigée par Stefania Casagrande de l’Institut Max Planck pour l’intelligence biologique, a analysé à la fois les niveaux de polluants et la fonction mitochondriale chez les puffins. Ils ont constaté que chez les oiseaux présentant des taux de mercure élevés, les membranes mitochondriales devenaient plus perméables, entraînant une perte d’énergie. À l’inverse, certains composés PFAS semblaient rigidifier ces membranes, bloquant un mécanisme de protection cellulaire essentiel.

« Nous savons depuis longtemps que le mercure et les PFAS sont toxiques, mais c’est grâce aux avancées technologiques récentes que nous pouvons enfin observer leurs effets sur la faune à l’échelle d’un écosystème, » explique Guadalupe Lopez-Nava, co-auteure de l’étude. « Nous avons constaté que ces polluants perturbent la production d’énergie cellulaire, affectant l’efficacité énergétique des oiseaux. Même de légères modifications peuvent avoir un impact sur leur condition physique. »

L’étude a également révélé que les oiseaux plus âgés et les mâles accumulent davantage de mercure, en raison de leur régime alimentaire et de leur exposition prolongée. En revanche, les niveaux de PFAS ne semblent pas liés à l’âge ou au sexe, suggérant des voies de contamination différentes. Comprendre ces voies est crucial pour mettre en place des stratégies de protection ciblées.

Les scientifiques s’inquiètent de l’interaction de ces effets cellulaires avec d’autres menaces pesant sur les oiseaux de mer, comme le réchauffement climatique et la surpêche. « La pollution chimique est une menace complexe et insidieuse pour les écosystèmes marins, » souligne Lucie Michel, co-auteure. « Il est essentiel d’étudier les impacts sur la survie, la reproduction et la condition physique globale des oiseaux, ainsi que de considérer ces effets dans un contexte plus large, incluant les autres pressions environnementales. Une surveillance à long terme est indispensable, car ces pollutions peuvent également avoir des conséquences sur la santé humaine. »

Contact scientifique :
Dr. Stefania Casagranda
Institut Max Planck pour l’intelligence biologique
[email protected]

Référence de l’étude :
Lopez-Nava, G., Michel, L., Dell’Omo, G., Quillfeldt, P., Bustamante, P., & Casagrande, S. (2025). Pollutant exposure shapes mitochondrial bioenergetics in a wild seabird. Environment & Health. https://doi.org/10.1021/envhealth.5c00297

Plus d’informations : https://www.bi.mpg.de/hau (Site web du groupe de recherche)

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.