Washington – Après des semaines de blocage, le Congrès américain semble sur le point d’adopter un compromis pour rouvrir les services fédéraux, évitant ainsi une paralysie prolongée qui menaçait de perturber les fêtes de fin d’année. L’accord, conclu sans répondre aux exigences démocrates sur les coûts de santé, suscite toutefois de vives critiques de l’opposition.
Les sénateurs ont voté lundi soir en faveur d’un projet de loi de financement temporaire, soutenu par sept démocrates et un indépendant, ouvrant la voie à un vote final à la Chambre des représentants dès mercredi. Si adopté, ce texte mettra fin à la plus longue fermeture partielle de l’administration américaine de son histoire.
Le principal point de friction reste l’absence de prolongation des crédits d’impôt prévus par la loi sur les soins abordables (Affordable Care Act). Selon des analyses indépendantes, l’expiration de ces aides pourrait entraîner une augmentation significative des primes d’assurance santé, passant en moyenne de 888 $ (environ 820 €) à 1 904 $ (environ 1 750 €) par an pour plus de 20 millions d’Américains.
Les démocrates du Sénat qui ont voté en faveur de la réouverture du gouvernement ont affirmé avoir obtenu la promesse du chef de la majorité républicaine, John Thune, d’organiser un vote sur la prolongation des crédits d’impôt le mois prochain. Cependant, l’issue de ce vote est incertaine, et le président de la Chambre, Mike Johnson, n’a pas garanti qu’il soumettrait la mesure au vote.
La fin de la fermeture intervient à un moment critique pour le secteur aérien, à l’approche de la période de forte affluence des fêtes de Thanksgiving. Le blocage a conduit à une augmentation des arrêts maladie parmi les employés fédéraux, ce qui a contraint l’Administration fédérale de l’aviation (FAA) à ralentir les opérations dans les principaux aéroports du pays. Les législateurs sont pressés d’agir pour éviter que les contrôleurs aériens et autres agents fédéraux ne manquent un chèque de paie supplémentaire, ce qui pourrait aggraver les tensions et provoquer de nouveaux retards.
« Nous attendons avec impatience la réouverture du gouvernement cette semaine afin que le Congrès puisse reprendre sa session législative habituelle », a déclaré Mike Johnson aux journalistes lundi. « Il y aura de longues journées et de longues nuits à venir pour rattraper le temps perdu. »
L’ancien président Donald Trump a salué l’accord comme une « très grande victoire » et a indiqué qu’il le signerait dès qu’il lui parviendrait. Mardi, lors d’une cérémonie à Arlington National Cemetery, il a déclaré : « Félicitations à vous, à John et à tout le monde pour cette très grande victoire. Nous rouvrons à nouveau notre pays. Il n’aurait jamais dû être fermé. »
Le chef de la minorité à la Chambre, Hakeem Jeffries, a quant à lui réaffirmé l’opposition de son parti à toute législation qui ne résoudrait pas la crise des coûts de santé. « Les démocrates de la Chambre s’opposeront fermement à toute législation qui ne répondrait pas de manière décisive à la crise républicaine des soins de santé », a-t-il déclaré à CNN.
Des élus californiens, comme Nancy Pelosi, ont également exprimé leur désaccord, estimant que l’accord ne répond pas aux besoins des familles américaines. À l’inverse, des républicains, comme Ken Calvert, ont critiqué les démocrates pour leur intransigeance. Le représentant Kevin Kiley a même proposé un projet de loi, en collaboration avec un démocrate, Sam Liccardo, pour prolonger de deux ans les crédits d’impôt de l’Affordable Care Act, soulignant qu’une telle mesure ne devrait pas augmenter le déficit budgétaire.
