Des robots autonomes sillonnent désormais les rayons des supermarchés suisses, une première qui suscite à la fois curiosité et interrogations. Ces assistants de nettoyage, originaires de Chine, sont déployés en phase test pour alléger la charge de travail du personnel, sans pour autant le remplacer, assurent les enseignes.
C’est un client de Coop, Gabriel K.*, qui a été le premier à partager son étonnement sur les réseaux sociaux : alors qu’il faisait ses courses dans une succursale bernoise, il a été surpris de voir un robot se déplacer entre les rayons. « Soudain, un robot de nettoyage est passé devant moi en sifflant », a-t-il témoigné.
Ce robot, baptisé « Pudu », est actuellement testé dans quelques supermarchés Coop à travers la Suisse. Rabea Brantschen, porte-parole de l’enseigne, confirme qu’il s’agit d’un projet pilote visant à soutenir les équipes de nettoyage existantes. « Les robots de nettoyage servent à compléter le travail des entreprises de nettoyage », précise-t-elle.
Coop n’est pas la seule enseigne à expérimenter cette technologie. Denner, un autre distributeur suisse, s’est positionné comme un pionnier dans ce domaine et possède déjà l’une des plus grandes flottes de robots de nettoyage au monde, avec 200 machines en service ou en déploiement prévu d’ici l’été 2025. Selon les données de l’éditeur de logiciels « Fieldsbots », Denner occupe la septième place mondiale, derrière le géant américain Walmart (1 850 robots).
Thomas Kaderli, porte-parole de Denner, souligne que l’objectif n’est pas de réduire les coûts de personnel, mais plutôt de libérer du temps pour les employés. « Le robot est un support précieux. Il aime par-dessus tout nettoyer les sols, ce qui permet aux équipes des magasins de se concentrer sur le conseil aux clients et le contrôle des produits frais », explique-t-il.
Les réactions sont globalement positives, tant de la part du personnel que des clients. Denner a même constaté l’émergence d’une « base de fans » autour de ces nouveaux assistants. L’entreprise utilise d’ailleurs l’écran frontal du robot à des fins publicitaires.
Du côté des syndicats, l’accueil est nuancé. Natalie Imboden, de l’union Unia, estime que ces robots pourraient soulager le personnel de nettoyage, mais ne semblent pas avoir d’impact sur la charge de travail des vendeurs. « Comme les robots de nettoyage ne peuvent pas ramasser un yaourt renversé, il n’y a pas de soulagement direct pour les employés en magasin », observe-t-elle.
Migros, Aldi et Lidl se montrent plus prudents. Migros effectue des tests sporadiques, tandis qu’Aldi et Lidl ont mené des expérimentations pour alléger la charge de travail de leurs collaborateurs. Aldi Suisse n’a pas encore pris de décision définitive concernant l’utilisation à long terme de ces robots.
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