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Santé

L’IMC métabolique évalue le risque de maladies métaboliques

Publié le 9 janvier 2026. Un nouvel indice, l’IMC métabolique (metBMI), développé par des chercheurs internationaux, permet d’identifier les risques pour la santé liés au métabolisme, même chez les personnes ayant un poids considéré comme normal par l’indice…

L’IMC métabolique évalue le risque de maladies métaboliques

Publié le 9 janvier 2026. Un nouvel indice, l’IMC métabolique (metBMI), développé par des chercheurs internationaux, permet d’identifier les risques pour la santé liés au métabolisme, même chez les personnes ayant un poids considéré comme normal par l’indice de masse corporelle traditionnel.

  • Le metBMI révèle des troubles métaboliques cachés non détectés par l’IMC classique.
  • Il est associé à un risque accru de maladies graves telles que la stéatose hépatique et le diabète.
  • La composition du microbiome intestinal joue un rôle clé dans le metBMI, plus important que les facteurs génétiques.

L’indice de masse corporelle (IMC), longtemps utilisé pour évaluer le poids d’une personne, présente des limites. Il se base uniquement sur la taille et le poids, sans tenir compte de la composition corporelle ni de l’état métabolique. Selon les estimations, jusqu’à 30 % des individus affichant un IMC normal pourraient déjà présenter des anomalies métaboliques dangereuses, tandis que d’autres, avec un IMC élevé, pourraient ne pas être concernés. Cette imprécision peut retarder le diagnostic et la prise en charge de patients à risque.

Pour pallier ces lacunes, une équipe de recherche internationale a développé un nouvel outil d’évaluation : l’IMC métabolique, ou metBMI. Les chercheurs ont analysé les données de deux vastes études démographiques suédoises, impliquant près de 2 000 participants. Au-delà des informations classiques sur la santé et le mode de vie, ils ont collecté un grand nombre de données biologiques, notamment des analyses sanguines et des informations sur le microbiome intestinal.

« Notre IMC métabolique révèle un trouble métabolique caché qui n’est pas toujours visible sur l’échelle. Deux personnes ayant le même IMC peuvent avoir des profils de risque complètement différents en fonction de la fonction de leur métabolisme et de leur tissu adipeux », explique la Dre Rima Chakaroun, chercheuse à l’Université de médecine de Leipzig et première auteure de l’étude. Elle a mené ce travail scientifique en collaboration avec le professeur Fredrik Bäckhed, lors d’un séjour à l’Université de Göteborg.

Les résultats de l’étude démontrent qu’un metBMI élevé est associé à un risque cinq fois plus important de développer plusieurs pathologies, notamment la stéatose hépatique (accumulation de graisse dans le foie), le diabète, l’accumulation de graisse autour des organes internes et la résistance à l’insuline. De plus, les patients ayant un metBMI élevé ont perdu en moyenne 30 % de poids en moins après une chirurgie bariatrique (intervention chirurgicale sur l’estomac et les intestins visant à favoriser une perte de poids durable). Ces données proviennent de l’hôpital universitaire de Leipzig, où les interventions ont été réalisées.

Une découverte particulièrement intéressante concerne le lien étroit entre le profil métabolique et la composition du microbiome intestinal. Les personnes présentant un metBMI élevé affichent une diversité bactérienne réduite et une capacité amoindrie de leur flore intestinale à transformer les fibres alimentaires en acides gras bénéfiques pour la santé, tels que l’acide butyrique. L’étude souligne également que le mode de vie et l’environnement ont un impact plus important sur le metBMI que les facteurs génétiques.

Le metBMI développé par les chercheurs repose sur l’analyse de centaines de petites molécules présentes dans le sang, reflétant l’activité métabolique cellulaire. Après une analyse approfondie de plus de 1 000 métabolites, ils ont identifié un panel de seulement 66 molécules qui conservent une valeur informative comparable. Ces molécules sont principalement liées aux interactions entre le métabolisme de l’organisme et les bactéries intestinales.

« L’IMC traditionnel oublie souvent les personnes qui ont un poids normal mais qui présentent un risque métabolique élevé. Le MetBMI peut contribuer à une évaluation plus juste et plus précise du risque de maladie », précise la Dre Chakaroun.

Ce nouvel outil pourrait permettre d’identifier plus rapidement les personnes à risque, d’affiner le choix des traitements médicaux ou chirurgicaux et de personnaliser les approches thérapeutiques. Les chercheurs prévoient d’améliorer encore le modèle en intégrant des marqueurs dynamiques de la sécrétion d’insuline et en menant des études expérimentales sur l’axe microbiome-métabolite intestinal.

Source : Université de Leipzig


Publication originale : Rima M. Chakaroun et al. ; Définition multi-omique de l’obésité métabolique à travers les interactions tissu adipeux-microbiome ; Nature Medicine, janvier 2026, DOI : 10.1038/s41591-025-04009-7

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.