Belém, 7 novembre 2025 – L’Indonésie a affirmé son rôle de leader en matière de lutte contre le changement climatique lors de la COP30, en présentant une série d’engagements ambitieux et de politiques concrètes. Le pays entend incarner un modèle de transition énergétique juste et durable, tout en soulignant l’importance de la protection de ses richesses naturelles.
- L’Indonésie s’engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre jusqu’à 17,5 % de leur niveau prévu pour 2030.
- Deux nouveaux décrets présidentiels viennent renforcer le cadre réglementaire pour la gestion des déchets et la valorisation du carbone.
- Le pays réaffirme son engagement à mettre fin à la déforestation d’ici 2030 et à protéger ses écosystèmes marins.
L’Indonésie ne s’est pas contentée d’observer les débats à Belém, au Brésil, mais a affirmé sa volonté de prendre les rênes de l’action climatique. C’est ce qu’a déclaré Hashim S. Djojohadikusumo, envoyé présidentiel pour le climat et l’énergie, en prononçant la déclaration nationale au nom du président Prabowo Subianto.
« L’Indonésie vient à Belém non pas en tant que spectateur mais en tant que moteur. Nous apportons des politiques, des partenariats et des objectifs mesurables pour assurer une transition énergétique juste, durable et bénéfique pour notre population. »
Hashim S. Djojohadikusumo, envoyé présidentiel pour le climat et l’énergie
Le pays a dévoilé sa deuxième Contribution Déterminée au niveau National (CDN), s’engageant à réduire ses émissions maximales prévues pour 2030 dans le cadre de deux scénarios à faible émission de carbone compatibles avec l’Accord de Paris (LCCP). Ces scénarios prévoient une réduction des émissions à moyen terme de 1,258 Gt d’équivalent CO₂ (faible) et de 1,489 Gt d’équivalent CO₂ (élevé) d’ici 2035. L’Indonésie vise la neutralité carbone d’ici 2060, voire plus tôt, en accord avec sa vision « Indonésie Emas 2045 » (Indonésie Dorée 2045).
Pour soutenir cette ambition, le gouvernement indonésien s’appuie sur deux nouveaux décrets présidentiels : le Règlement présidentiel n° 109/2025, concernant la gestion des déchets urbains par des technologies de valorisation énergétique respectueuses de l’environnement, et le Règlement présidentiel n° 110/2025, qui met en œuvre la valeur économique du carbone (VEC) et un système national de contrôle des émissions de gaz à effet de serre. Ces textes constituent le socle du financement de la décarbonation du pays.
« La COP30 est le moment idéal pour prouver que la croissance verte est non seulement possible mais aussi rentable. »
Hanif Faisol Nurofiq, ministre de l’Environnement et chef de l’Agence de contrôle de l’environnement (BPLH)
L’Indonésie a également mis en avant son engagement en faveur de la protection de ses forêts et de ses océans, en tant que nation riche en biodiversité. Le gouvernement a réaffirmé son engagement à mettre fin à la déforestation d’ici 2030, à étendre les programmes de restauration des forêts tropicales et à renforcer sa coopération avec le Tropical Forests Forever Fund (TFFF). Une attention particulière a été portée à la gestion intégrée des incendies, en privilégiant la prévention communautaire et l’utilisation de technologies innovantes.
Sur le front maritime, l’Indonésie a présenté son initiative sur le carbone bleu, ses efforts pour réduire les déchets marins et les microplastiques, ainsi que ses programmes visant à renforcer la résilience des côtes et à soutenir les économies maritimes locales.
Le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, a salué l’engagement des pays forestiers tropicaux, tels que l’Indonésie, qui apportent à la conférence « des actions réelles, et non de la rhétorique ». Il a également souligné l’urgence d’agir face au dépassement du seuil de 1,5°C de réchauffement climatique en 2024.
« 2024 a marqué la première fois que les températures mondiales ont dépassé 1,5°C. Mais nous ne devons pas abandonner. C’est le moment de faire face à la réalité et d’agir pour le bien commun. La justice climatique est une alliée dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités. »
Luiz Inácio Lula da Silva, président du Brésil
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a également appelé à une mise en œuvre rapide des engagements pris.
« Personne ne peut négocier avec les lois de la physique. »
António Guterres, secrétaire général de l’ONU
Il a insisté sur la nécessité de choisir l’action plutôt que la procrastination :
« Choisissez de diriger, sinon nous serons conduits à la destruction. La COP30 doit être le tournant décisif au moment où le monde choisit l’action plutôt que de retarder. »
António Guterres, secrétaire général de l’ONU
La délégation indonésienne a conclu en appelant à une « transformation » et en invoquant l’esprit du gotong royong, ou action collective, pour construire un avenir climatique juste et durable.
« La justice climatique signifie ne laisser personne de côté. L’Indonésie est prête à montrer l’exemple en mêlant politique, science et valeurs sociales pour un avenir meilleur. »
Hanif Faisol Nurofiq, ministre de l’Environnement et chef de l’Agence de contrôle de l’environnement (BPLH)
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