Home AffairesL’or a battu des records hier soir et en Argentine, on recommande d’investir en pesos à un taux fixe, qui dépassera l’inflation

L’or a battu des records hier soir et en Argentine, on recommande d’investir en pesos à un taux fixe, qui dépassera l’inflation

by Amélie Bernard

Publié le 12 janvier 2026 à 03h53. L’incertitude géopolitique, exacerbée par les tensions au Venezuela et en Iran, pousse les investisseurs vers des valeurs refuges comme l’or, tandis que les marchés argentins restent attentifs aux signaux économiques et aux politiques gouvernementales.

  • Le prix de l’or a atteint un nouveau sommet historique, dépassant les 4 527,50 $ l’once (environ 4 250 €), avec des prévisions atteignant potentiellement 5 000 $ l’once à court terme et 8 000 $ (environ 7 500 €) d’ici 2027.
  • Le prix du pétrole Brent, référence pour l’Argentine, s’approche de 64 $ le baril, son niveau le plus élevé depuis le 4 décembre.
  • Les analystes financiers argentins soulignent l’importance de maîtriser l’inflation, de relancer l’économie et d’augmenter les réserves de change, tout en surveillant de près les mouvements de capitaux et les taux d’intérêt.

L’instabilité politique et économique mondiale continue d’influencer les marchés financiers. Outre les situations préoccupantes au Venezuela et en Iran, les déclarations fluctuantes de l’ancien président américain Donald Trump alimentent l’incertitude. Les investisseurs semblent privilégier l’observation prudente et la réaction à travers les marchés plutôt que la communication directe de leurs préoccupations.

Les contrats à terme sur l’or ont franchi un nouveau palier historique, dépassant le sommet du 24 décembre. Selon un analyste principal de la Banque d’Amérique, le cours de l’or pourrait atteindre 5 000 $ l’once dans un avenir proche et grimper jusqu’à 8 000 $ d’ici 2027. Cette prévision est directement liée à l’instabilité géopolitique croissante. Le Venezuela, en particulier, a un effet domino sur l’économie mondiale, tandis que Cuba et le Groenland sont scrutés de près par les États-Unis. En Iran, des aspirations à un retour à l’ère de la monarchie se font jour, avec des appels à une séparation entre politique et religion.

Le marché pétrolier reflète également cette nervosité. Le Brent, référence pour l’Argentine, se dirige vers 64 $ le baril, son niveau le plus élevé depuis le 4 décembre. Les bourses mondiales affichent des résultats mitigés, avec de légères baisses à New York et des variations à l’Europe. Les marchés asiatiques, en revanche, sont en hausse, malgré les difficultés rencontrées par le Japon en raison de la hausse de ses rendements obligataires.

En Argentine, les cabinets de conseil locaux estiment que les récentes analyses ne tiennent pas pleinement compte des mouvements de capitaux observés après le paiement des obligations souveraines vendredi dernier. Ils soulignent que les obligations en pesos, à taux fixe, représentent actuellement l’investissement le plus prometteur, capable de surpasser le dollar et les taux d’intérêt traditionnels.

Selon EconViews, dirigé par Miguel Kiguel, l’Argentine est confrontée à des défis majeurs : maîtriser une inflation persistante, étendre la reprise économique à davantage de secteurs, réduire le risque pays de 100 points pour retrouver un accès raisonnable aux marchés financiers, et augmenter les réserves de change. Concernant la politique de change, le cabinet note un début encourageant avec le lancement du programme d’achat de réserves et l’ajustement des marges d’inflation.

« Le fait marquant a été que la Banque centrale a effectivement commencé à acheter des dollars, accumulant dès la première semaine plus de 200 millions de dollars. Un signal que le marché réclamait depuis longtemps. »

EconViews

Cependant, ce nouveau programme n’est pas sans turbulences. Une légère pression sur le taux de change a été observée fin décembre et début janvier, incitant le gouvernement à intervenir pour éviter une volatilité excessive. Le Trésor a vendu des dollars et la BCRA a émis des obligations indexées sur l’inflation pour calmer les marchés. La question cruciale est de savoir si la banque centrale pourra continuer à acheter des réserves sans provoquer une forte dépréciation du peso, un élément essentiel pour réduire le risque pays.

Le paiement des swaps avec les États-Unis est interprété comme un geste politique de l’administration Trump en vue des élections, laissant désormais l’Argentine face à ses responsabilités en matière de financement. L’inquiétude grandit quant à la persistance de l’inflation et à la faiblesse de l’activité économique.

FMyA, dirigé par Fernando Marull, souligne un contexte mondial mitigé. Les événements récents au Venezuela ont été bien accueillis, mais les difficultés rencontrées par le Brésil pèsent sur les actifs locaux. Le cabinet estime que le scénario mondial reste globalement favorable à l’Argentine. Il confirme également une faible activité économique en novembre, mais anticipe un rebond en décembre. Les prévisions de croissance du PIB pour 2025 et 2026 sont estimées à 4,2 %, supérieures aux estimations du marché.

L’inflation est estimée à 0,4 % en décembre, avec une prévision de 2,2 % pour le mois, légèrement supérieure aux estimations du marché (2,3 %).

Les recommandations actuelles semblent favoriser les dépôts en pesos, considérés comme susceptibles de surpasser l’inflation. L’attention se porte également sur la réforme du travail, que le gouvernement espère approuver au Sénat en février.

Austin Maquieyra, de Sailing Inversiones, observe que le crédit du paiement des coupons a entraîné une dynamique différente de celle observée lors des événements précédents, avec un réinvestissement des fonds dans les obligations plutôt qu’une prise de bénéfices. L’AL35 progresse de près de 1,5 %, tandis que l’AE38 enregistre une hausse d’environ 1,3 %, suggérant une amélioration de l’appétit pour le risque souverain.

Adcap Grupo Financiero met l’accent sur l’appel d’offres du Trésor, doté d’un montant d’environ 13 milliards de dollars, et sur les 4,2 milliards de dollars de dépôts à la Banque centrale. Dans un contexte de liquidité tendue, un refinancement de 70 % est attendu. L’appel d’offres devrait proposer une gamme diversifiée d’instruments, y compris des obligations indexées sur le dollar et des obligations CER, afin d’attirer la demande.

Inversiones Pergamino estime que la période allant jusqu’au prochain paiement des revenus sur les obligations en dollars en juillet 2026 offre un cadre d’investissement ordonné et cohérent. L’inflation, les taux d’intérêt et les taux de change montrent une convergence qui permet des décisions tactiques claires. L’inflation projetée pour la période janvier-juin 2026 s’accumule à environ 11,1 %, avec une trajectoire descendante. Le rendement accumulé en pesos pour les six prochains mois est d’environ 14 %, dépassant largement l’inflation attendue.

1816 observe que, bien que le risque politique se soit atténué, la dette souveraine en monnaie locale restera volatile tant que le régime monétaire ne changera pas et que la BCRA continuera à augmenter les taux pour éviter une dépréciation excessive du peso.

F2, dirigé par Andrés Reschini, souligne que le marché du peso se stabilise après la réduction de la dette rémunérée de la BCRA, mais que les points morts d’inflation continuent de progresser, exerçant une pression à la hausse sur les taux d’intérêt.

Aldazabal & Cia. conclut que les actifs financiers argentins ont clôturé la semaine avec une performance positive, tant sur la courbe du peso que sur celle du dollar.

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