Les marchés financiers mondiaux ont connu une journée difficile, plombés par des inquiétudes croissantes concernant la santé de la croissance économique et l’avenir de la politique monétaire. Un revirement des anticipations concernant les taux d’intérêt aux États-Unis a déclenché un mouvement de fuite vers des actifs considérés comme plus sûrs, tandis que les actions ont subi des pressions à travers le monde.
Ce changement de sentiment a été alimenté par les déclarations de Christopher Waller, membre du conseil de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui s’est rangé aux côtés du président Jerome Powell pour signaler une possible nouvelle baisse des taux. Cette confirmation d’une orientation accommodante de la banque centrale, dans un contexte de fragilité du crédit, a incité les investisseurs à réduire leur exposition au risque.
L’indice du dollar a glissé à 98,03, son plus bas niveau depuis près de deux semaines, tandis que l’euro a progressé pour atteindre 1,1706 $. La livre sterling a légèrement reculé, à 1,3420 $, reflétant des dynamiques de croissance divergentes entre les États-Unis et l’Europe.
Les bourses ont réagi en baisse quasi-générale. Les contrats à terme américains ont chuté de 0,6 % pour le S&P 500, de 0,65 % pour le Nasdaq et de 0,5 % pour le Dow Jones. En Europe, l’Allemagne a enregistré une baisse de 2,3 % et le Royaume-Uni de 1,4 %, notamment en raison des craintes persistantes concernant les banques régionales américaines qui pèsent sur le secteur bancaire, comme en témoigne la chute des actions de Barclays.
L’Asie n’a pas échappé à cette tendance baissière. Le ChiNext chinois a plongé de 3,4 %, tandis que les indices de Shanghai et de Shenzhen ont perdu respectivement 2 % et 2,7 %. Le Nikkei japonais a cédé 1,4 % et le Hang Seng hongkongais 2,4 %, illustrant l’ampleur du désenchantement des investisseurs.
Sur le marché obligataire, les rendements ont continué de baisser. Les taux américains à 10 ans ont reculé à 4,03 %, en baisse de près de 2 points de base. Les taux allemands ont cédé 5 points de base, à 2,53 %, et les rendements des obligations d’État françaises (OAT) à 10 ans ont glissé de 3 points de base, à 3,31 %. L’écart entre les OAT et les Bunds s’est resserré à 78,6 points de base, après que le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a survécu à un vote de confiance, apaisant les tensions politiques.
Les matières premières ont également reflété cette prudence. Le prix du baril de pétrole brut a légèrement diminué, à 60,87 $ (contre 61,14 $), et les contrats à terme sur le pétrole sont tombés à 56,81 $ après l’annonce d’une prochaine rencontre entre les présidents Trump et Poutine, qui a contribué à calmer les tensions géopolitiques. En revanche, l’or a bondi de 1,5 % à l’ouverture de Wall Street, atteignant un nouveau record à 2 371 $ l’once, soutenu par la baisse des rendements réels et l’appétit pour les valeurs refuges.
Les cryptomonnaies ont également été touchées. Le Bitcoin a chuté à 65 160 $, son plus bas niveau en près d’une semaine, suivant la tendance à la baisse des actions et témoignant d’une diminution de l’appétit pour le risque. La corrélation entre le Bitcoin et les indices technologiques, comme le Nasdaq, reste forte, ce qui suggère que le marché des cryptomonnaies continue d’être influencé par le sentiment général du marché.
À court terme, les prochaines données sur le crédit américain et les éventuelles communications de la Fed seront déterminantes pour évaluer l’ampleur et le calendrier de la prochaine baisse des taux. Les marchés obligataires semblent actuellement surachetés, et un rebond des rendements pourrait mettre à l’épreuve la dynamique de l’or. La question clé reste de savoir si les difficultés rencontrées par les banques régionales américaines se propageront aux grandes institutions ou resteront contenues.
Pour les investisseurs, une approche prudente est recommandée. L’or et les obligations souveraines de haute qualité restent des couvertures privilégiées contre la volatilité et le risque de crédit. Les actions, en particulier dans les secteurs bancaire et technologique, sont confrontées à un environnement plus difficile jusqu’à ce que les bénéfices s’améliorent ou que la situation politique s’éclaircisse.
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