Publié le 20 octobre 2025 à 07h14. L’Union européenne a salué le rôle de la Malaisie à la tête de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) en 2025, tout en appelant à une intégration plus forte des droits de l’homme dans les futurs accords commerciaux.
- L’UE considère la Malaisie comme un partenaire clé pour promouvoir les droits de l’homme et la coopération économique dans la région.
- La crise au Myanmar et la situation des réfugiés, notamment les Rohingyas, préoccupent particulièrement l’Union européenne.
- Les négociations pour un accord de libre-échange entre l’UE et la Malaisie ont été relancées en janvier 2025.
Kuala Lumpur et Bruxelles souhaitent renforcer leur partenariat stratégique, en mettant l’accent sur les droits de l’homme et le développement durable. Kajsa Ollongren, la représentante spéciale de l’UE pour les droits de l’homme, a souligné l’importance de la Malaisie dans la région lors d’une récente visite à Kuala Lumpur.
« Pour l’Union européenne, la Malaisie est un partenaire très important non seulement en matière de commerce extérieur et d’investissement, mais aussi spécifiquement en matière de droits de l’homme et d’agenda économique », a déclaré Mme Ollongren à l’agence de presse Bernama. Elle a salué le travail accompli par la Malaisie en tant que présidente de l’ASEAN, estimant qu’elle avait joué un rôle crucial dans le soutien aux dialogues régionaux et internationaux sur les droits de l’homme.
La situation au Myanmar a été au cœur des discussions. L’UE soutient le Consensus en cinq points (5PC) adopté par l’ASEAN pour tenter de mettre fin à la violence et de restaurer la stabilité dans le pays, suite au coup d’État militaire de février 2021. Mme Ollongren a toutefois insisté sur la nécessité d’une pression accrue sur les factions belligérantes pour qu’elles cessent les violences contre les civils.
La Malaisie accueille actuellement 200 260 réfugiés et demandeurs d’asile originaires du Myanmar (chiffres de mai 2025), dont des Rohingyas, des Chins et d’autres groupes ethniques persécutés. L’UE a réaffirmé son soutien aux efforts de la Malaisie pour faire face à cette crise humanitaire.
Parallèlement, l’UE et la Malaisie ont relancé les négociations pour un accord de libre-échange (ALE) global et moderne. Ces négociations, initialement lancées en 2010 et suspendues en 2012 après sept cycles, ont repris en janvier 2025, avec un premier cycle de discussions en juin. Selon la Commission européenne, les deux parties ont mené une évaluation de leurs positions en 2023 et ont conclu un accord de cadrage en décembre 2024 pour définir la portée et le niveau d’ambition du futur accord.
L’UE était le quatrième partenaire commercial de la Malaisie en 2024, et la Malaisie le 22e partenaire commercial de l’UE, avec un volume d’échanges total de 46,4 milliards d’euros. Au niveau régional, la Malaisie était le troisième partenaire commercial de l’UE au sein de l’ASEAN.
Lors de sa visite à Kuala Lumpur, Mme Ollongren a également participé au dialogue politique UE-Asie sur les droits de l’homme, une plateforme importante pour les discussions bilatérales sur ce sujet. Elle a rencontré des parlementaires malaisiens pour discuter de la Convention des Nations Unies relative aux réfugiés et de la possibilité pour la Malaisie d’y adhérer, ce qui pourrait renforcer sa coopération avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Elle a également échangé avec la Commission malaisienne des droits de l’homme (Suhakam) et la Commission intergouvernementale des droits de l’homme de l’ASEAN (AICHR) pour renforcer la protection des droits de l’homme et l’espace civique dans la région.
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