Les marchés des changes connaissent une relative accalmie, mais les perspectives de relèvement des taux d’intérêt par la Banque du Japon (BoJ) et les coûts de couverture de change en zone euro pourraient redessiner les équilibres en 2026, selon les dernières analyses d’ING.
Après un décembre marqué par des baisses, les marchés ont trouvé un certain soutien, notamment suite aux déclarations du gouverneur de la BoJ, Kazuo Ueda, qui semblent confirmer une possible hausse des taux le 19 décembre. Les analystes anticipent un impact modeste sur l’USD/JPY, avec un objectif de 152 d’ici la fin de l’année et de 148 à fin 2026.
La volatilité des taux d’intérêt américains est retombée à son plus bas niveau annuel, une des surprises de 2025. Dans ce contexte, les monnaies des pays exportateurs de matières premières, en particulier celles liées aux métaux, affichent une bonne performance. ING privilégie ainsi le peso chilien et le rand sud-africain pour 2026, anticipant un intérêt multi-trimestriel pour ces actifs.
L’arrivée potentielle de Kevin Hassett à la tête de la Réserve fédérale américaine (Fed) suscite des interrogations. Si sa nomination est confirmée, les taux d’intérêt réels américains seront scrutés de près. Une politique monétaire trop souple de la Fed, par rapport aux anticipations d’inflation, pourrait entraîner un affaiblissement du dollar. Les taux réels ont d’ailleurs augmenté de 25 points de base entre septembre et novembre, en raison d’une baisse des anticipations d’inflation.
À court terme, un consensus se dégage sur un affaiblissement du dollar d’ici la fin de l’année, en raison de facteurs saisonniers. ING confirme cette tendance, avec des objectifs de 1,18 pour l’EUR/USD et de 152 pour l’USD/JPY.
En zone euro, le coût de la couverture de change pour les investisseurs obligataires américains est en forte baisse. Le coût de la couverture du risque américain en euros est passé de 2,45 % en juillet à 1,82 % par an, ce qui est favorable à un renforcement de l’EUR/USD en 2026, à mesure que la Fed devrait abaisser ses taux.
Philip Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE), s’exprimera cet après-midi sur les déséquilibres mondiaux, et devrait insister sur le rôle international croissant de l’euro et la nécessité de réformes pour tirer parti d’un monde multipolaire.
Dans l’espace PECO, la conférence de presse de la banque centrale polonaise a laissé la porte ouverte à de nouvelles baisses de taux. Par ailleurs, Fitch pourrait réviser ses perspectives sur la dette souveraine hongroise, passant de négatives à stables, une nouvelle qui pourrait ne pas dissuader les investisseurs à la recherche de rendements plus élevés d’investir dans le forint.
La livre sterling (GBP) continue de bénéficier d’un certain soutien, mais ING estime qu’il s’agit d’une compression à court terme plutôt que d’une réévaluation majeure du risque souverain britannique. La banque vise un taux de change GBP/USD de 1,34 d’ici la fin de l’année, tout en anticipant une sous-performance de la livre par rapport à l’euro, compte tenu du cycle d’assouplissement monétaire de la Banque d’Angleterre.
