Publié le 3 décembre 2025 à 23h46. Le président vénézuélien Nicolás Maduro a confirmé avoir eu une conversation téléphonique avec Donald Trump la semaine dernière, une révélation qui intervient dans un contexte de tensions militaires croissantes entre les deux pays et de spéculations sur une possible voie diplomatique.
- Nicolás Maduro a publiquement admis avoir discuté avec Donald Trump le 21 novembre, décrivant l’échange comme respectueux.
- Donald Trump a également reconnu l’appel, mais s’est montré évasif quant à son contenu et à ses résultats.
- Cet échange intervient alors que les États-Unis intensifient leur présence militaire dans la région des Caraïbes et accusent le Venezuela de liens avec le trafic de drogue.
Après plusieurs jours de silence, Nicolás Maduro a finalement brisé le silence concernant sa conversation avec l’ancien président américain Donald Trump. S’exprimant à la télévision, le leader chaviste a déclaré que la Maison Blanche l’avait contacté il y a une dizaine de jours.
« Il y a environ dix jours, la Maison Blanche a appelé le palais de Miraflores et j’ai eu une conversation avec le président Donald Trump. C’était sur un ton respectueux, voire cordial. Si cet appel signifie que des mesures sont prises vers un dialogue respectueux de pays à pays, bienvenue au dialogue et à la diplomatie. »
Nicolás Maduro, président du Venezuela
Maduro, qui a été chancelier par le passé, a souligné l’importance de la prudence dans les affaires d’État. Il a également critiqué ce qu’il a appelé la « diplomatie du microphone », préférant la discrétion lors de discussions sensibles.
L’existence de cet appel avait été révélée par le New York Times, qui y voyait un possible premier pas vers un dialogue entre les deux dirigeants. Des sources proches de l’entretien ont décrit le ton comme « correct » et ont suggéré qu’il pourrait s’agir d’une ouverture pour des discussions futures dans un contexte de « haute tension ».
Donald Trump a confirmé l’appel dimanche dernier, mais a minimisé son importance.
« Je ne veux pas faire de commentaire là-dessus. La réponse est oui. »
Donald Trump, ancien président des États-Unis
Mercredi, il a ajouté :
« Je ne dirais pas que ça s’est bien ou mal passé. C’était un appel téléphonique. »
Donald Trump, ancien président des États-Unis
Il a également nié l’existence d’une seconde conversation, contrairement à certaines spéculations.
Selon des informations rapportées par Reuters, Maduro aurait conditionné son départ du pouvoir à une amnistie pour lui et sa famille, à la levée des sanctions contre une centaine de hauts responsables vénézuéliens, et à la mise en place d’un gouvernement intérimaire dirigé par sa vice-présidente, Delcy Rodríguez. Ces propositions auraient été rejetées par Trump, selon plusieurs médias américains. Maduro n’a pas confirmé ces détails dans ses déclarations.
Maduro a fait ces déclarations depuis un quartier populaire de Caracas, Petare, où il s’est rendu avec le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, et d’autres responsables militaires. Il a également annoncé que les États-Unis avaient demandé à reprendre les vols de rapatriement de migrants vénézuéliens, un premier vol étant prévu mercredi après-midi à Maiquetía. Cette réactivation des expulsions intervient malgré les restrictions imposées à l’espace aérien vénézuélien en raison des avertissements américains concernant une possible escalade militaire.
L’appel a eu lieu dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et le Venezuela, marqué par un déploiement militaire américain sans précédent dans les Caraïbes. Washington accuse le Venezuela de liens avec le trafic de drogue et a menacé d’intervenir. Trump a affirmé que ces actions ne constituaient pas une « stratégie de pression » contre le régime, mais « quelque chose de bien plus que cela ».
Parallèlement, des bombardiers militaires américains ont survolé la côte ouest du Venezuela mercredi matin, selon des sources de suivi des vols. Le gouvernement vénézuélien a dénoncé ces mouvements comme des provocations et des menaces à sa souveraineté, sans pour autant y répondre militairement. La tension reste donc vive, malgré l’ouverture d’un canal de communication direct entre les deux dirigeants.
