Publié le 9 octobre 2025 00:26:00. Les tensions montent en mer des Caraïbes alors que le Venezuela se prépare à une éventuelle intervention militaire américaine, tandis que Washington accuse le régime de Maduro de trafic de drogue et de manipulation électorale.
- Le président vénézuélien Nicolas Maduro a affirmé que son armée répondrait à toute attaque américaine.
- Des navires militaires vénézuéliens ont tiré sur des embarcations suspectées de trafic de drogue, suscitant des critiques de Washington et des inquiétudes internationales.
- Plus de 60 ONG appellent le Congrès américain à désamorcer l’escalade militaire dans la région.
L’administration Trump intensifie la pression sur le Venezuela, accusant le régime de Nicolas Maduro d’être impliqué dans le trafic de drogue vers les États-Unis et de ne pas avoir reconnu les résultats des dernières élections présidentielles. Marco Rubio, figure influente du Sénat américain, estime que Maduro doit être destitué et traduit en justice.
Maduro, lors de l’inauguration d’un hôpital à Caracas, a tenté d’afficher un calme apparent face aux menaces américaines. Il a déclaré :
« Si les gringos menacent, nous travaillons plus dur. Si les gringos attaquent, nous répondrons, mais rien n’arrête le travail. »
Nicolas Maduro, président du Venezuela
Le gouvernement vénézuélien a déployé des troupes à la frontière et organise des exercices militaires pour la population, craignant une intervention imminente.
La situation s’est envenimée après que des navires vénézuéliens ont ouvert le feu sur des embarcations en mer des Caraïbes, accusées de transporter de la drogue. Selon Washington, ces expéditions sont orchestrées par Maduro lui-même. Plusieurs bateaux ont été détruits, faisant au moins 21 morts, selon des informations relayées par la Chambre des représentants américaine. Un nouvel incident impliquant un navire vénézuélien a été annoncé début septembre.
Les négociations intermittentes entre les États-Unis et le Venezuela, qui durent depuis six ans, sont au point mort. L’élection de Maduro en 2013, successeur d’Hugo Chávez, a été contestée, et il n’a jamais présenté de preuves irréfutables de sa victoire lors des dernières élections présidentielles, malgré les demandes de la communauté internationale, y compris du Brésil et de la Colombie. L’opposition vénézuélienne affirme détenir des preuves d’une victoire confortable.
Au cours des deux dernières semaines, un sentiment d’urgence s’est emparé du camp chaviste. Initialement, les dirigeants vénézuéliens considéraient les menaces américaines comme une stratégie pour les forcer à négocier leur départ du pouvoir. Mais à mesure que les jours passent, la menace semble de plus en plus réelle. Maduro multiplie les apparitions publiques pour afficher sa force et son unité.
« Nous sommes des gens normaux et ordinaires. Nous ne sommes ni des magnats ni des milliardaires, et nous gouvernons à partir du peuple, avec le peuple et pour le peuple. Notre intérêt n’est pas d’essayer de gouverner le monde. »
Nicolas Maduro, président du Venezuela
Maduro évite de s’adresser directement à Donald Trump, préférant cibler Marco Rubio, qu’il accuse d’avoir influencé le président américain dans une direction belliqueuse. Il a indirectement critiqué la politique étrangère américaine en déclarant : « Quelqu’un peut-il croire qu’il est l’empereur du monde et envisager de gouverner le monde ? Non. Un président est élu pour gouverner son pays. »
Plus de 60 organisations non gouvernementales (ONG) ont adressé une lettre au Congrès américain, appelant à mettre fin à l’escalade militaire dans les Caraïbes et exprimant leur « inquiétude face aux exécutions extrajudiciaires répétées de civils non identifiés ». Elles soulignent que les opérations militaires ont déjà détruit au moins quatre bateaux vénézuéliens.
En début d’année, Richard Grenell, un conseiller de Trump, avait tenté de renouer le dialogue avec le chavisme, aboutissant à des accords tels que le maintien de la licence pétrolière de Chevron, un échange de prisonniers et l’acceptation des expulsions de Vénézuéliens. Maduro et Jorge Rodríguez, son principal conseiller politique, avaient cru en la possibilité d’une paix avec Washington. Cependant, selon le New York Times, Trump a ordonné la rupture de tout contact diplomatique avec le Venezuela, laissant les deux nations sans dialogue et au bord d’une confrontation militaire.
