Publié le 11 décembre 2025 00:07:00. Une nouvelle étude du Pew Research Center révèle que les adolescents français, comme leurs homologues américains, sont massivement présents sur les réseaux sociaux, mais commencent à se montrer conscients des risques potentiels liés à leur utilisation, notamment en matière de santé mentale. L’essor des chatbots d’intelligence artificielle suscite également des inquiétudes.
- Plus de 90 % des adolescents utilisent YouTube, la plateforme la plus populaire.
- TikTok et Instagram sont utilisés par plus de 60 % des jeunes, tandis que Snapchat attire plus de la moitié d’entre eux.
- L’utilisation des chatbots d’IA est en forte croissance, avec environ les deux tiers des adolescents les ayant déjà testés.
L’omniprésence des réseaux sociaux dans la vie des adolescents est confirmée par les dernières données du Pew Research Center. L’étude met en évidence une utilisation massive de plateformes telles que YouTube (94 % des garçons et 89 % des filles), TikTok et Instagram (plus de 60 % des adolescents) et Snapchat (plus de 50 %). Facebook, en revanche, voit son audience adolescente s’effondrer, passant de 71 % il y a dix ans à seulement 31 % aujourd’hui. WhatsApp, Reddit et X (anciennement Twitter) sont utilisés par moins d’un quart des jeunes.
Malgré une prise de conscience croissante des dangers potentiels des réseaux sociaux – notamment en termes d’impact sur la santé mentale et de manipulation algorithmique – leur utilisation reste stable. Les adolescents reconnaissent les risques, mais continuent de fréquenter ces plateformes, soulignant la complexité de leur relation avec le monde numérique.
L’essor des chatbots d’intelligence artificielle est un autre point d’attention soulevé par l’étude. Environ les deux tiers des adolescents ont déjà utilisé ces outils conversationnels, et près de 30 % le font quotidiennement. ChatGPT domine le marché, avec près de six adolescents sur dix l’ayant testé, suivi de Gemini et Meta AI. Common Sense Media a constaté que 72 % des adolescents ont utilisé des compagnons IA au moins une fois.
La Dre Laura Erickson-Schroth, médecin-chef de la Fondation Jed (JED), une organisation spécialisée dans la santé mentale des adolescents et des jeunes adultes, souligne les aspects positifs des réseaux sociaux, tels que la possibilité de créer des liens, de se divertir et d’exprimer sa créativité. Cependant, elle met en garde contre les risques potentiels.
« Il existe des inquiétudes légitimes concernant les médias sociaux et leur impact sur la santé mentale. L’adolescence est une période unique où les jeunes explorent leur identité, découvrent le monde et connaissent une croissance physique et émotionnelle significative. »
Dre Laura Erickson-Schroth, médecin-chef de la Fondation Jed (JED)
Elle explique que le développement du cerveau se poursuit jusqu’à environ 25 ans, rendant les adolescents plus vulnérables aux prises de risques, à l’impulsivité et à la recherche de récompenses immédiates, comme les “likes” ou les commentaires. Les algorithmes des réseaux sociaux, en amplifiant les contenus émotionnellement chargés ou sensationnalistes, peuvent également avoir un impact négatif sur l’estime de soi et favoriser l’anxiété ou la tristesse.
La Dre Erickson-Schroth déconseille fortement l’utilisation de “compagnons IA”, ces chatbots conçus pour imiter les relations humaines. Elle met en garde contre le risque de dépendance émotionnelle et de substitution des relations sociales réelles. Elle insiste sur le rôle crucial des parents pour accompagner les adolescents dans une utilisation saine de la technologie, en encourageant le dialogue ouvert et en mettant en place des règles claires, comme des zones sans téléphone ou des limites de temps d’écran.
« Les parents peuvent soutenir leurs adolescents, mais les décideurs politiques et les entreprises technologiques ont une responsabilité claire et urgente de concevoir, réglementer et superviser l’IA et les médias sociaux de manière à soutenir, et non à nuire, la sécurité et le bien-être émotionnel des adolescents. »
Dre Laura Erickson-Schroth, médecin-chef de la Fondation Jed (JED)
L’Australie a récemment pris une mesure radicale en interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 16 ans, une première mondiale. La Dre Erickson-Schroth ne se prononce pas sur l’opportunité d’une interdiction générale, mais souligne l’importance d’une action gouvernementale pour protéger les jeunes en ligne, en particulier face aux risques liés à l’intelligence artificielle.
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