Publié le 3 novembre 2025 à 06h00. Le commissaire européen Michael McGrath se rend en Chine cette semaine pour aborder la question cruciale de la sécurité des produits importés en Europe, alors que le commerce électronique avec la Chine connaît une croissance exponentielle et que les inquiétudes concernant les produits potentiellement dangereux augmentent.
- Le commissaire McGrath rencontrera des hauts responsables chinois pour renforcer la coopération en matière de protection des consommateurs et de sécurité des produits.
- Cette visite intervient après un apaisement des tensions commerciales entre l’UE et la Chine concernant les contrôles à l’exportation de minéraux critiques et de semi-conducteurs.
- Près de la moitié des produits jugés dangereux par l’UE proviennent de Chine, selon les données récentes.
La Chine et l’Union européenne ont récemment trouvé un terrain d’entente après des désaccords concernant les restrictions à l’exportation de matières premières essentielles, notamment les terres rares et d’autres minéraux critiques, ainsi que les semi-conducteurs. Ces restrictions avaient perturbé les chaînes d’approvisionnement européennes, en particulier dans le secteur automobile, où la pénurie de puces a menacé la production. Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, a annoncé samedi que la Chine avait confirmé l’extension de la levée de ses contrôles à l’exportation de terres rares aux exportations de minéraux essentiels vers l’UE, suite à une rencontre entre le président chinois Xi Jinping et l’ancien président américain Donald Trump.
Par ailleurs, la Chine a accepté d’exempter certaines puces du fabricant néerlandais Nexperia d’une interdiction d’exportation, après que le gouvernement néerlandais a pris le contrôle de l’entreprise le mois dernier. Cette décision fait suite à l’inclusion de Nexperia sur la liste noire américaine des exportations, ce qui avait incité la Chine à imposer des restrictions sur les expéditions de produits finis de Nexperia, dont 80 % sont transformés en Chine.
Les discussions entre responsables européens et chinois, qui se sont tenues vendredi à Bruxelles, ont porté sur ces contrôles à l’exportation. La réduction de l’approvisionnement en semi-conducteurs fabriqués en Chine a déjà eu un impact sur les constructeurs automobiles européens, comme Volkswagen, qui a averti que ses stocks de puces – indispensables à de nombreuses fonctions, des essuie-glaces aux clignotants – pourraient s’épuiser rapidement.
La visite du commissaire McGrath s’inscrit dans la continuité du sommet UE-Chine de juillet 2025, au cours duquel les deux parties se sont engagées à maintenir un dialogue ouvert pour assurer la stabilité et la croissance économiques. Le commissaire, responsable de la démocratie, de l’État de droit et de la protection des consommateurs, cherchera à renforcer la coopération en matière de sécurité des produits, en particulier face à l’essor du commerce électronique. L’année dernière, 4,6 milliards de colis de faible valeur sont arrivés en Europe depuis la Chine, soit environ 12 millions par jour, et ce chiffre ne cesse d’augmenter.
M. McGrath rencontrera Luo Wen, ministre de l’Administration d’État chargée de la régulation du marché, et Zhao Zenglian, vice-ministre de l’Administration générale des douanes (GACC). Il devrait souligner que près de la moitié des produits signalés comme dangereux dans l’UE proviennent de Chine.
« En 2024, on estime que 91 % de toutes les expéditions de commerce électronique de faible valeur entrant dans l’UE provenaient de Chine, un chiffre qui a plus que doublé en un an. Selon le rapport Safety Gate 2024 de l’UE sur les produits non alimentaires dangereux, environ la moitié des produits signalés comme dangereux proviennent de Chine. Le renforcement de la coopération avec les autorités chinoises est donc essentiel pour garantir la sécurité des produits arrivant aux consommateurs sur les deux marchés. »
Communiqué de presse de la Commission européenne
Le commissaire prévoit également de rencontrer Li Mingzheng, vice-ministre et secrétaire du groupe du parti au ministère de la Justice, afin d’explorer les possibilités de renforcer la coopération judiciaire dans les domaines pénal, civil et commercial. Enfin, il participera au forum final du projet SPEAC II, un projet de formation financé par l’UE sur la sécurité des produits de consommation non alimentaires en Europe et en Chine, où il prononcera un discours sur la protection des consommateurs à l’ère du commerce électronique.