Publié le 18 octobre 2025 à 23h00. Les échanges de tirs entre le Pakistan et l’Afghanistan ont repris après l’expiration d’un cessez-le-feu de 48 heures, faisant craindre une escalade des tensions frontalières et des pertes civiles.
- Le cessez-le-feu entre le Pakistan et l’Afghanistan a pris fin sans prolongation, entraînant une reprise des affrontements.
- Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif conditionne toute nouvelle trêve à l’attitude des talibans et à la fin des attaques menées depuis le territoire afghan.
- Des frappes aériennes pakistanaises ont visé l’Afghanistan après la fin du cessez-le-feu, causant des victimes civiles.
La frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan est le théâtre de tensions croissantes depuis plusieurs semaines. Islamabad accuse Kaboul d’abriter des militants pakistanais qui mènent des attaques régulières sur son territoire, une accusation que le gouvernement taliban nie fermement. Ces affrontements transfrontaliers ont déjà causé la mort de dizaines de soldats et de civils des deux côtés.
Selon des sources locales, au moins 40 civils ont été tués et 170 autres blessés mercredi 15 octobre dans la région de Spin Boldak, à la frontière pakistanaise. La Mission des Nations unies en Afghanistan (MANUA) a également fait état d’au moins 37 morts et 425 blessés dans plusieurs provinces touchées par les combats. Des habitants ont témoigné des destructions causées par les bombardements, décrivant des scènes de panique et de désespoir.
« Nos maisons ont été bombardées, un enfant a été blessé. J’ai moi-même entendu le bruit de l’avion »,
Abdul Zahir, citoyen de 46 ans
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a déclaré que la prolongation du cessez-le-feu dépendrait de la coopération des talibans. Il a souligné la nécessité d’éradiquer les militants talibans pakistanais et d’empêcher l’utilisation du territoire afghan comme base arrière pour des attaques.
« Si dans 48 heures ils veulent résoudre le problème et répondre à nos demandes sincères, alors nous sommes prêts »,
Shehbaz Sharif, Premier ministre pakistanais
Après l’expiration du cessez-le-feu vendredi soir, le Pakistan a lancé des frappes aériennes sur l’Afghanistan. Un responsable afghan d’un hôpital provincial de Paktika a déclaré que ces frappes avaient fait 10 morts et 12 blessés dans le district d’Urgun. Un haut responsable taliban a accusé le Pakistan de violer la trêve et a prévenu que les talibans allaient « se venger ».
Malgré les tensions, des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP) ont constaté la réouverture des magasins et le retour des habitants dans leurs foyers abandonnés en Afghanistan, après les deux jours de calme relatifs permis par le cessez-le-feu. Islamabad avait mis en place cette trêve dans l’espoir de parvenir à une “solution positive… par le biais d’un dialogue constructif”.
Le Pakistan renforce également sa présence militaire à la frontière, avec le déploiement de forces paramilitaires supplémentaires pour contrer d’éventuelles activités militantes. La situation reste fragile et l’escalade des tensions pourrait avoir des conséquences humanitaires et sécuritaires importantes pour les deux pays.
Des centaines de résidents et de responsables talibans ont assisté aux funérailles de sept membres d’une même famille à Spin Boldak, témoignant de l’ampleur des pertes civiles.
Les forces paramilitaires supplémentaires ont été déployées pour contrer d’éventuelles activités militantes qui pourraient mettre en péril le cessez-le-feu.
