Un homme de 36 ans risque 27 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son père, un vigneron de la Marne, survenu en septembre 2022. L’affaire, qui s’est déroulée au sein d’une exploitation viticole familiale, est jugée devant les assises de la Marne et le verdict est attendu ce jeudi.
L’avocate générale a requis ce jeudi 27 novembre une peine de 27 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Yann Vadin, accusé d’avoir tué son père, Jean-Luc Vadin, le 30 septembre 2022 à Cumières. L’accusé a reconnu les faits dès le début de l’enquête, mais sa version des événements a évolué au fil des audiences.
Selon l’accusation, le meurtre n’était pas un acte impulsif, mais le résultat d’un projet « réfléchi » que Yann Vadin aurait tenté de masquer en simulant un cambriolage. L’avocate générale a rejeté l’argument d’une altération du discernement, contredisant l’expertise psychiatrique présentée la veille. Elle a toutefois estimé que le contexte du crime justifiait de ne pas requérir la réclusion criminelle à perpétuité.
Yann Vadin est également accusé d’abus de confiance, pour avoir détourné une somme importante d’argent de la société familiale « Vadin-Plateau » à des fins personnelles. Il s’est excusé devant la cour, déclarant que « ça n’aurait jamais dû arriver ».
La défense, représentée par Maître Zadourian, a plaidé pour une peine plus clémente, décrivant Yann Vadin comme un homme « en dépression, suicidaire » au moment des faits. Elle a souligné que l’accusé avait toujours reconnu sa responsabilité et que l’aspect financier ne pouvait à lui seul expliquer son geste, évoquant un travail épuisant et un climat familial tendu.
Un avocat des parties civiles, Maître Chemla, avait auparavant accusé Yann Vadin d’avoir assassiné son père pour de l’argent, répétant à plusieurs reprises devant les jurés que « c’est un fils qui a assassiné son père pour du fric ». Il a également suggéré que le meurtre avait été prémédité et planifié.
La cour d’assises de la Marne délibérera pour rendre son verdict ce jeudi.