Publié le 8 décembre 2023 17h44. Le président de la Curie fédérale des médecins salariés et vice-président de l’Association médicale autrichienne, Harald Mayer, est au centre d’une controverse révélée par le journal Falter, qui pourrait mener à sa destitution suite à des accusations de dépenses somptuaires et d’utilisation abusive de taxis pour ses déplacements professionnels.
- Harald Mayer est visé par une motion de censure qui sera examinée le 11 décembre prochain.
- Des révélations sur ses déplacements en taxi et son salaire mensuel, atteignant environ 26 000 euros, ont suscité l’indignation.
- L’affaire intervient alors que son mandat à la Chambre fédérale touche à sa fin, mais pourrait accélérer son départ de l’Association médicale autrichienne.
La position de Harald Mayer, figure influente de la médecine autrichienne, est compromise. Le journal Falter a rapporté que, pour ses trajets entre Schärding et Vienne (environ 250 kilomètres), M. Mayer privilégiait les taxis plutôt que le train, parfois jusqu’à deux fois par semaine. Cette pratique, combinée à un salaire total – incluant les paiements de ses différentes fonctions – estimé à 26 000 euros par mois, contraste fortement avec le revenu moyen autrichien, qui s’élève à environ 3 000 euros.
La Chambre de Basse-Autriche estime que le comportement de M. Mayer pourrait porter atteinte à l’image des médecins et de leurs représentants. Une motion de censure sera donc déposée contre lui lors de la prochaine réunion de la Curie de l’ÖÄK (Association médicale autrichienne) le 11 décembre. Pour être adoptée, cette motion nécessitera une majorité des deux tiers des voix. Selon des sources proches du dossier, le vote s’annonce serré, M. Mayer bénéficiant encore d’un soutien important au sein de la Curie en raison de son engagement de longue date.
Bien que les revenus élevés des hauts fonctionnaires de l’ÖÄK ne soient pas un secret, l’affaire des taxis a accéléré le processus. La chambre de Haute-Autriche avait d’ailleurs envisagé de recourir à des services de transport moins coûteux pour les déplacements de M. Mayer, mais il a continué à utiliser des taxis. La question de l’utilisation des transports publics se pose également, bien que l’alternative à un taxi aurait été une voiture avec chauffeur, une option plus onéreuse.
M. Mayer a annoncé son intention de contester la motion de censure et ne souhaite pas démissionner. Ses collègues le décrivent comme imperturbable, ne montrant aucun signe de remords ou d’amertume. Son insistance à se défendre est d’autant plus surprenante que son mandat à la Chambre fédérale arrive à son terme et qu’une élection pour le remplacer est prévue en mars prochain. Il quittera également la Chambre de Haute-Autriche à la fin de l’année, son successeur pour la période à partir de 2026 étant déjà désigné.
Contacté, M. Mayer n’a pas souhaité faire de commentaire public sur cette affaire. Il avait cependant été très actif ces dernières années au sein de l’ÖÄK, participant régulièrement à des discussions avec les journalistes et organisant des conférences de presse. En 2023, il avait notamment plaidé pour la réintroduction des frais ambulatoires, existants en Autriche il y a plus de 20 ans, et pour un « remboursement intégral des frais » sans exception, même en l’absence d’orientation par un médecin traitant.
« Beaucoup paieraient les 50 euros et ajouteraient même un pourboire. Il ne devrait pas non plus y avoir d’exception. »
Harald Mayer, président de la Curie fédérale des médecins salariés
M. Mayer avait estimé que des frais d’ambulance de 10, 20 ou 50 euros étaient insuffisants pour dissuader les patients de se rendre directement aux urgences, citant en exemple les pratiques de pays comme les Pays-Bas, la Finlande et le Danemark. Cette proposition n’avait cependant pas rencontré le soutien du ministère de la Santé, de la Caisse autrichienne d’assurance maladie (ÖGK) ou du syndicat concerné, et le débat s’était rapidement éteint.
Sur le même sujet
